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Actualités - Conferences Internationales

Feux et forêts : un couple infernal et indissociable

Plus de 2.100 espèces végétales, 200 de mammifères ainsi que de nombreux oiseaux et reptiles disparaissent chaque année dans le monde dans les incendies de forêt, selon des experts réunis à Antalya (Turquie), pour le 11e congrès forestier mondial.
Des incendies comme celui de 1871, à Pestigo (Etats-Unis), qui tua 1.638 personnes et détruisit une surface forestière de 1,6 million d’hectares, ou celui qui vient de frapper l’Indonésie, «démontrent clairement le besoin d’un effort international pour éduquer les populations au sujet de l’importance croissante des désastres liés au feu», a souligné James Barki de l’Ecole de foresterie du Ghana.
Si le feu peut être utile, y compris pour la régénération forestière, il a aussi pour effet de causer la pénurie de bois de chauffage, l’érosion, les inondations ou les déplacements de population dus à la désertification.
Occasionnellement, des feux peuvent se déclencher naturellement mais 95% sont liés aux activités humaines: propriétaires fonciers, agriculteurs et population rurale — qui pratique la culture itinérante sur brûlis ou utilise le feu pour détruire les déchets, contrôler les vermines et insectes —, exploitation et autres opérations forestières, sans parler des imprudents et des pyromanes.
«Le feu est un bon serviteur mais un mauvais maître quand il est incontrôlé, ajoute M. Barki. On estime que les pertes annuelles mondiales liées aux incendies de forêt s’élèvent à plusieurs milliards de dollars».
Contrôlé, en revanche, le feu peut servir à se débarrasser de la végétation superflue et des débris, à préparer la terre pour l’agriculture.
Si l’Asie du sud-est est une fois de plus victime d’incendies incontrôlables, 57% de la biomasse brûlée chaque année dans le monde se situent néanmoins en Afrique, générant 6% des émissions annuelles de gaz à effet de serre.

Incontournable

Ainsi, après les sécheresses des années 80, les forêts denses humides d’Afrique de l’Ouest, en particulier au Ghana et en Côte d’Ivoire, ont été ravagées par le feu, a rappelé de son côté Jean-Guy Bertault (CIRAD-Forêt, France), en présentant un rapport sur l’impact de ces incendies, dix ans après.
Au Ghana, plus de 4 millions de mètres cubes de bois ont été détruits, 33% des arbres de diamètre supérieur à 70 centimètres sont morts sur pied et 35 à 40% des jeunes «tiges». En Côte d’Ivoire, ce sont 2 millions d’hectares de forêt qui ont été parcourus par les feux, détruisant au passage plus de 150.000 hectares de plantations.
La mortalité des essences commerciales a été très forte pendant les deux premières années (23% pour les parcelles non éclaircies et 53% pour celles éclaircies). Ce sont donc les peuplements les moins perturbés qui ont le mieux réagi. Les espèces ont été modifiées. Beaucoup de produits de cueillette ou de plantes alimentaires se sont aussi raréfiés ou ont disparu. La forêt dense humide se régénère en quelques décennies, si elle se trouve à l’abri de nouveaux feux. Car si l’on a longtemps cru que ce type de forêts était protégé contre les incendies, l’expérience démontre chaque année le contraire, résume M. Bertault.
Il faut donc prendre des mesures: ne pas trop éclaircir la forêt, établir des pare-feux, des cultures pérennes à la lisière, réduire l’accumulation de matière ligneuse.
«Catastrophe écologique pour les uns, élément du cycle naturel de la vie pour les autres, le feu doit être considéré comme un facteur incontournable de l’évolution de ces forêts, conclut M. Bertault. Son intégration dans les schémas d’aménagement doit être une préoccupation majeure pour assurer leur pérennité». (AFP)
Plus de 2.100 espèces végétales, 200 de mammifères ainsi que de nombreux oiseaux et reptiles disparaissent chaque année dans le monde dans les incendies de forêt, selon des experts réunis à Antalya (Turquie), pour le 11e congrès forestier mondial.Des incendies comme celui de 1871, à Pestigo (Etats-Unis), qui tua 1.638 personnes et détruisit une surface forestière de 1,6 million d’hectares, ou celui qui vient de frapper l’Indonésie, «démontrent clairement le besoin d’un effort international pour éduquer les populations au sujet de l’importance croissante des désastres liés au feu», a souligné James Barki de l’Ecole de foresterie du Ghana.Si le feu peut être utile, y compris pour la régénération forestière, il a aussi pour effet de causer la pénurie de bois de chauffage, l’érosion, les inondations ou...