La «First Lady», qui a accompagné Bill Clinton la semaine dernière dans sa tournée latino-américaine, a profité de sa visite au Venezuela, au Brésil et en Argentine pour se faire l’avocate de causes qui lui tiennent à cœur, dont la défense des droits de la femme.
Il y a quelques semaines, elle avait déjà retrouvé ses consœurs latino-américaines lors du premier sommet des «Premières Dames» à Panama et avait eu l’occasion de présenter son point de vue lors du sommet des Nations Unies sur les femmes à Pékin, en 1995.
Hillary Clinton a souvent été critiquée aux Etats-Unis, notamment par les conservateurs et la droite religieuse qui lui reprochent ses prises de position en faveur de l’avortement.
A Buenos Aires, dans le majestueux décor du Théâtre Colon, sur une scène où se sont produites des célébrités comme Maria Callas, Enrico Caruso et bien sûr Evita Peron, dont elle a évoqué la mémoire, Hillary Clinton a fait sensation en défendant devant deux mille femmes qui l’ont applaudie à tout rompre le droit au contrôle des naissances et à l’avortement.
Dans un pays à écrasante majorité catholique, ces sujets sont considérés comme quasiment tabou et les propos de Mme Clinton, qui a demandé «l’accès pour toutes les femmes aux services de santé, particulièrement à ceux de la planification familiale», ont été accueillis avec gratitude par les féministes argentines.
Certaines candidates aux prochaines élections législatives qui doivent se dérouler le 26 octobre, se sont immédiatement déclarées d’accord avec les positions de Mme Clinton.
Vent de
démocratie
Mme Clinton a également gagné le cœur de nombreuses femmes argentines en rencontrant en privé les grands-mères de la Place de Mai dont les enfants ont été enlevés ou tués durant la dictature militaire.
Au Brésil, Mme Clinton s’est montrée particulièrement intéressée par les programmes mis sur pied par les autorités pour défendre les femmes victimes de violences, notamment dans les quartiers les plus pauvres.
A peine de retour à Washington, l’épouse du président américain a dénoncé la violence contre les femmes dans le monde indiquant qu’il s’agit d’une «des violations des droits de l’homme les plus sérieuses et dont on parle le moins», «sapant» les fondements de la démocratie.
Le problème de la violence contre les femmes est désormais considéré comme «faisant partie de la politique étrangère américaine», a-t-elle indiqué dans le cadre d’une conférence organisée par la Banque interaméricaine de développement (BID) à Washington sur le thème de la violence domestique en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Selon un récent rapport de la BID, il reste fort à faire en Amérique latine pour le droit des femmes: au Chili, près de 60 pour cent de femmes vivant en couple font l’objet de violences domestiques et plus de 10 pour cent d’entre elles ont été soumises à des actes physiques d’extrême violence.
En Equateur, 60 pour cent des femmes résidant dans les quartiers pauvres de Quito ont été battues par leurs compagnons.
En Argentine, 37 pour cent des femmes battues par leurs époux ont subi ces violences conjugales pendant plus de vingt ans, selon la BID.
Mme Clinton a toutefois noté avec espoir que le vent de démocratie qui a soufflé ces dernières années en Amérique latine a permis de créer ou de durcir dans plusieurs pays du continent les lois protégeant les femmes.
Mme Clinton, qui fêtera ses 50 ans la semaine prochaine, doit présider prochainement à la Maison-Blanche une importante conférence sur l’enfance. Elle sera jeudi l’invitée d’honneur du gala annuel d’Africare, une organisation non-gouvernementale impliquée dans des projets de développement en Afrique, où elle s’est rendue en mars dernier. (AFP)


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