Selon un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a sa direction régionale à Brazzaville, 600 voitures appartenant à des étrangers étaient garées sur le parking de l’organisation avant l’arrivée des Cobras de Denis Sassou Nguesso.
Les expatriés, évacués fin juin, y avaient tous rangé leur automobile, la pensant plus en sécurité dans cette concession internationale relativement isolée au sud de la ville.
Selon des sources locales, c’est un colonel Cobra du secteur qui a organisé une «colonne» de ces voitures jeudi dernier. Plusieurs centaines de véhicules volés sont donc partis vers une frontière voisine — le Zaïre ou le Gabon — où ils grossiront le marché de l’occasion. Ceux qui n’ont pu être pris gisent, volants cassés, dans les allées de la concession de l’OMS.
Dans Brazzaville, le trafic automobile évoque les auto-tamponneuses, avec un sens de la circulation très aléatoire. Choc frontal, virage raté: les accidents sont fréquents. Et les épaves sont vite désossées, restant à travers la chaussée, généralement retournées sur le toit.
Les roues partent les premières car, en raison des débris qui encombrent le centre-ville, les crevaisons sont nombreuses. Qu’importe: certains continuent leur route sur les jantes, lentement, jusqu’à ce que le châssis touche par terre.
Le chargement des voitures y est pour beaucoup. Après les postes de télévision, les magnétoscopes et les réfrigérateurs des premiers jours, les pillards ont porté leur attention sur les meubles et tout ce qui fait le confort d’une maison.
Quand le coffre est rempli, le reste est posé sur le toit du véhicule et, pour que l’ensemble ne tombe pas, on place quatre soldats dessus, armés de préférence.
Le carburant vient de l’ex-Zaïre à 1.000 francs CFA le litre (10 FF), et on part vers le nord, la région d’origine des vainqueurs, sans oublier de faire fonctionner les feux de détresse et le klaxon. (AFP)

