Ce déchaînement, évidemment autorisé voir télécommandé pour des raisons subtiles de pression sur les leviers du pouvoir, «vise aussi à n’en pas douter, dit un politicien de la Békaa, le Hezbollah, qui a des députés au Parlement et dont le principal fief politique reste comme on sait cette région de Baalbeck-Hermel dont le «cheikh rouge» fait son tremplin. Ainsi Toufayli, d’après les résidents, a démonté ses installations radio et les a cachées quelque part, en renonçant à faire des émissions mobiles à partir de véhicules en marche, par crainte non pas des forces de l’ordre (car Baalbeck n’est pas Tripoli…) mais de quelque coup de main de jeunes intégristes. Il s’agirait de faire du mouvement de Toufayli, à toutes fins utiles, un contrepoids à l’influence de Hezb, peut-être jugée trop grande dans une région frontalière de toute première importance pour les décideurs».
«Bien entendu, souligne ce parlementaire, le fiasco du projet d’emprunt de huit cents millions de dollars, qui devait en partie financer un plan de développement des régions déshéritées dont Baalbeck-Hermel, permet à Toufayli d’aller gaillardement de l’avant dans sa campagne anti-pouvoir. Il est également aidé par les relents de corruption que dégage le corps de l’Etat dans son ensemble, ainsi que par le spectacle décourageant des sempiternelles luttes d’influences entre les présidents»
«Et de plus, ajoute le député, l’Etat, comme s’il avait mauvaise conscience, hésite à neutraliser les pulsions subversives de «la révolte des affamés», comme Toufayli a appelé son mouvement…». Ce n’est pas tout à fait exact car au cours de la dernière réunion du Conseil central de sécurité tenue sous la présidence du ministre de l’Intérieur M. Michel Murr, il a été décidé de faire bouger le Parquet, après les dernières provocations illégales de Toufayli. On a du même coup évoqué les déclarations de M. Najah Wakim sur la floraison des armes dans certaines régions sur encouragement de parties étrangères, allusion étant faite aux Américains. Là aussi il va y avoir enquête judiciaire. En principe.
Toujours du côté officiel, on soutient que les fractions qui tentent de faire croire que les décideurs couvrent les mouvements subversifs trompent l’opinion. Selon des loyalistes, avant l’opération de Tripoli, une réunion de coordination avait bel et bien eu lieu, carte blanche étant laissée aux autorités locales pour agir, les interlocuteurs consultés précisant qu’ils ne couvrent strictement personne… Ils ont même ajouté, selon ces sources, qu’ils sont là pour soutenir l’Etat libanais à faire respecter la loi, non le contraire.
D’où on peut s’étonner que si autoritaire à Tripoli l’ordre public reste si timide à Baalbeck-Hermel. Et on verra le 26 ce que cela peut donner.
Ph.A-A.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir