Le Conseil de la Douma qui s’est réuni d’urgence lundi a formulé ces exigences, qui doivent être transmises à Boris Eltsine par M. Seleznev lors d’une réunion au Kremlin, en présence du premier ministre Viktor Tchernomyrdine et du président de la Chambre haute du Parlement Egor Stroïev.
L’opposition exige que le président signe le texte d’une loi sur le gouvernement, entérinée déjà par les deux Chambres, qui prévoit notamment la démission de tout le gouvernement, et pas seulement celle de son chef en cas de motion de censure, selon M. Ziouganov, cité par l’agence Interfax.
L’opposition veut également obtenir un accès direct à la télévision et créer des conseils d’observateurs pour contrôler les deux chaînes de télévision publiques, ORT et RTR. Elle réclame aussi des rencontres régulières, au moins tous les quinze jours, avec le président Eltsine, M. Tchernomyrdine et M. Stroïev.
Les députés communistes, agraires et ceux de la fraction «Pouvoir du peuple», initiateurs de la censure à la Douma, exigent également le gel de la hausse des loyers, un des piliers de la réforme du logement, que l’opposition refuse d’entériner.
Ils exigent également que les titulaires de comptes d’épargne alimentés avant 1992 — ruinés par une réforme monétaire et par l’inflation — soient indemnisés à l’occasion de l’introduction d’un nouveau rouble au 1er janvier 1998.
«Il ne s’agit pas de parler de concessions», a dit M. Seleznev dans une interview à la télévision privées NTV, «nous devons discuter la situation avec le président, examiner la question du budget sur les neufs derniers mois et la préparation du budget de l’année prochaine, et examiner également les revendications avancées par les députés».
Mercredi dernier, la motion de censure avait déjà été débattue à la Douma, mais les communistes avaient renoncé in extremis à la voter, après avoir entendu un message de Boris Eltsine, appelant à la concertation tout en menaçant implicitement de dissoudre l’assemblée.
Le groupe communiste s’oppose violemment au projet de budget 1998 et à l’adoption d’un nouveau code fiscal.
Depuis mercredi, des discussions de couloirs semblent indiquer que les deux camps recherchent un compromis. «Personne n’a claqué la porte», a assuré M. Seleznev, soulignant notamment qu’une commission de conciliation Parlement-gouvernement continuait à rechercher une solution acceptable pour le budget 1998.(AFP)

