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Actualités - Chronologie

Le pétrole, enjeu et nerf de la guerre

Les récentes découvertes pétrolières au Congo, où domine la compagnie française Elf Aquitaine, et la forte compétition des grandes compagnies internationales pour l’exploitation de l’or noir, ont joué un rôle déterminant dans le conflit congolais, estiment les spécialistes.
Après quatre mois de combats, le principal opérateur pétrolier au Congo, Elf Aquitaine, semblait rassuré par la chute de Brazzaville et de Pointe-Noire, la capitale pétrolière, aux mains de l’ancien président Denis Sassou Nguesso — qui a reçu l’appui militaire de l’Angola, autre puissance pétrolière.
Alors que le Quai d’Orsay faisait état d’une situation «confuse» à Pointe-Noire, Elf Aquitaine se montrait plutôt serein et rassuré.
«Nous pensons que les choses vont dans le sens d’une normalisation», a ainsi affirmé Elf qui exploite la quasi totalité du pétrole congolais, est aussi présent en Angola, où il vient de découvrir d’immenses réserves, ainsi qu’au Gabon.
Tout en pronostiquant une «stabilisation» de la situation, Elf s’est défendu de toute ingérence dans ce conflit.
«Il n’y a pas de prise de position au niveau de la maison», a indiqué une source proche de la compagnie pétrolière pour qui le «Congo a avant tout besoin de produire son pétrole» dont les recettes représentent au moins 60% du budget de l’Etat.
Elf reste le premier producteur de pétrole du pays avec 7,1 millions de tonnes sur un total de 10,3 MT et exploite le gisement géant offshore de Nkossa. La France est le premier fournisseur du Congo avec une part de marché d’environ 40%.
Interrogée sur l’implication des soldats angolais, cette même source n’a pas paru non plus s’en inquiéter outre-mesure. «C’est une alliance de circonstance, qui cèdera la place au gouvernement», a-t-elle souligné.
Mais, ces commentaires apaisants ne trompent pas les spécialistes pétroliers.

La concurrence
des «majors»

«Elf, qui est associé à l’italien Agip, mène la danse au Congo. Et Sassou Nguesso est l’homme d’Elf et des Français», a indiqué un expert pétrolier qui connaît bien ce pays.
«En arrivant au pouvoir il y a cinq ans, le président Lissouba avait des velléités de changer les choses, et réduire l’influence française, mais il a vite réalisé qu’il était pris à la gorge par Elf envers qui le Congo est endetté», a expliqué cet expert.
Un proche de Pascal Lissouba à Paris a indiqué que M. Sassou Nguesso a «récemment obtenu 150 millions de dollars d’Elf». Sans confirmer ces chiffres, l’expert pétrolier a reconnu que «pour faire ce qu’il a fait, Sassou Nguesso avait évidemment besoin de financement».
En fait «tout le monde a payé tout le monde dans cette affaire, l’univers impitoyable des pétroliers ne connaissant pas de limites», reconnaît un diplomate français qui a longtemps vécu dans la région.
Dès le début du conflit, M. Lissouba a accusé le président français Jacques Chirac et Elf — qui est depuis cinquante ans au cœur des conflits politiques du pays — de l’avoir abandonné. De façon significative, le ministère français des Affaires étrangères n’a cessé durant une partie de l’été d’insister sur les termes «protagonistes» ou «deux parties» au conflit, omettant de qualifier Pascal Lissouba, dont le mandat venait à expiration, de «président».
Quoi qu’il en soit, les récentes découvertes faites dans l’offshore au Congo ont relancé la concurrence des «majors» (Esso et Shell sont déjà présents et veulent élargir leur assise) et sûrement joué un rôle d’accélérateur dans l’évolution du conflit, estiment les experts.
Elf vient ainsi de remporter, pour 35 millions de dollars, les droits d’exploration de la zone Mer Très Profonde Sud, où Elf sera associé à l’américain Exxon et le britannique BP.
En 1996, le Congo était, avec une production de 201.000 barils/jour, le quatrième producteur de brut, après le Nigéria, l’Angola et le Gabon.
Selon la revue spécialisée «Le pétrole et le gaz arabes», qui cite Shell, les réserves de l’offshore profond de l’Afrique de l’Ouest sont évaluées à 15 milliards de barils. (AFP)
Les récentes découvertes pétrolières au Congo, où domine la compagnie française Elf Aquitaine, et la forte compétition des grandes compagnies internationales pour l’exploitation de l’or noir, ont joué un rôle déterminant dans le conflit congolais, estiment les spécialistes.Après quatre mois de combats, le principal opérateur pétrolier au Congo, Elf Aquitaine, semblait rassuré par la chute de Brazzaville et de Pointe-Noire, la capitale pétrolière, aux mains de l’ancien président Denis Sassou Nguesso — qui a reçu l’appui militaire de l’Angola, autre puissance pétrolière.Alors que le Quai d’Orsay faisait état d’une situation «confuse» à Pointe-Noire, Elf Aquitaine se montrait plutôt serein et rassuré.«Nous pensons que les choses vont dans le sens d’une normalisation», a ainsi affirmé Elf qui...