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Actualités - Chronologie

Thomas Sankara, un mythe romantique africain


Fauché à moins de quarante ans d’une rafale d’arme automatique, il y a tout juste dix ans, le charismatique capitaine Thomas Sankara, avec son légendaire treillis orné d’un pistolet à crosse de nacre, a laissé orpheline toute une génération d’idéalistes africains.
Le 15 octobre 1987, c’est un mythe romantique qui a été abattu en pleine gloire, peu avant son 38e anniversaire, victime d’un processus révolutionnaire qu’il avait enclenché en Haute-Volta, devenue sous sa férule le Burkina-Faso, «pays des hommes intègres».
Appelé au pouvoir quatre ans auparavant, en août 1983 à la suite du coup d’Etat mené par son ami intime le capitaine Blaise Compaoré, il est assassiné par ses anciens frères d’armes dans le cadre d’une «rectification de la révolution» qui laisse Blaise Compaoré seul au pouvoir.
A l’image d’un autre révolutionnaire célébré dans le monde entier trente ans après sa mort, «Che Sankara», comme l’a récemment surnommé l’hebdomadaire «L’Autre Afrique», a lui aussi son culte, que seul avait suscité avant lui sur le continent le premier ministre ghanéen, l’Osagyefo Kwame Nkrumah.
Les très nombreux autocollants à l’effigie du bouillant capitaine burkinabé qui décorent les cyclomoteurs, taxis et poids-lourds de l’Afrique de l’Ouest témoignent de la vivacité de cette vénération.
Précurseur comme le panafricaniste Nkrumah, Sankara a symbolisé l’Afrique des jeunes, celle de l’intégrité, tranchant avec les dirigeants bedonnants issus des indépendances. Lui-même, né en décembre 1949, n’avait qu’une douzaine d’années à l’époque de la décolonisation et des péripéties de la fédération du Mali.
Sulfureux dans ses alliances avec le colonel Mouammar Kadhafi ou avec le capitaine anglophone Jerry Rawlings du Ghana, Thomas Sankara savait également charmer, comme en a témoigné sa réconciliation, empreinte de séduction, avec le président français François Mitterrand, ou, pleine de respect, avec le «vieux sage» ivoirien Félix Houphouët-Boigny.
Romantique, il n’avait pour tout bien que sa guitare et sa Renault 5 d’occasion, un véhicule qu’il imposera d’ailleurs comme voiture de fonction à tous les membres de son gouvernement priés de se débarrasser de leurs onéreuses et trop ostentatoires berlines Mercédès.
Charismatique, il séduira les jeunes en jouant au foot, en faisant du vélo, en se montrant simple, comme seul l’a fait depuis sa mort un autre militaire ouest-africain, Amadou Toumani Touré dit «A.T.T.», tombeur du général Moussa Traoré au Mali voisin, en mars 1991.
Mieux que Sékou Touré, qui avait voulu convaincre ses compatriotes qui’l fallait préférer «la pauvreté dans la dignité à la richesse dans l’esclavage», Thomas Sankara a su avoir des ambitions pour son pays, qu’il s’agisse de chemins de fer pour le désenclavement, de dispensaires ou de barrages pour le moindre village.
Abattu par ses frères militaires, même si le document officiel certifiant son décès attestait d’une «mort naturelle», Thomas Sankara a laissé la nostalgie d’une certaine morale à toute une jeunesse africaine qui l’a immédiatement admis dans son Panthéon, oubliant les rigueurs de ses «Tribunaux populaires révolutionnaires» (TPR) ou des «Comités de défense de la révolution» (CDR). (AFP)


Fauché à moins de quarante ans d’une rafale d’arme automatique, il y a tout juste dix ans, le charismatique capitaine Thomas Sankara, avec son légendaire treillis orné d’un pistolet à crosse de nacre, a laissé orpheline toute une génération d’idéalistes africains.Le 15 octobre 1987, c’est un mythe romantique qui a été abattu en pleine gloire, peu avant son 38e anniversaire, victime d’un processus révolutionnaire qu’il avait enclenché en Haute-Volta, devenue sous sa férule le Burkina-Faso, «pays des hommes intègres».Appelé au pouvoir quatre ans auparavant, en août 1983 à la suite du coup d’Etat mené par son ami intime le capitaine Blaise Compaoré, il est assassiné par ses anciens frères d’armes dans le cadre d’une «rectification de la révolution» qui laisse Blaise Compaoré seul au pouvoir.A...