\Une fois de plus, comme cela s’est déjà produit tant de fois, M. Clinton a été bombardé de questions par la presse américaine sur un des nombreux scandales qui empoisonnent sa présidence alors qu’il donnait une conférence de presse conjointe avec un chef d’Etat étranger, en l’occurrence son homologue brésilien Fernando Enrique Cardoso, à Brasilia.
Peu après, l’Attorney General (ministre de la Justice), Janet Reno, annonçait à Washington une prolongation jusqu’en décembre de l’enquête ouverte le mois dernier pour déterminer si M. Clinton a téléphoné depuis la Maison-Blanche en 1995 pour collecter des fonds et, dans ce cas, s’il y a eu violation de la loi justifiant la nomination d’un procureur indépendant.
La décision de Mme Reno ne faisait toutefois guère de doutes et M. Clinton, résigné, y a réagi à l’avance.
«Ça ne me fait rien», a-t-il dit. «Je sais que je n’ai rien fait de mal. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour respecter la loi», a-t-il poursuivi, répétant, comme il l’avait fait la veille, qu’il était disposé «à coopérer avec (la loi) de toutes les manières possibles».
La Maison-Blanche, qui craignait que cette conférence de presse de Brasilia soit dominée par le scandale du financement et que les questions commerciales — la priorité de M. Clinton durant ce voyage — soient passées sous silence par la presse américaine, avait tenté la veille au soir une manœuvre préventive, en organisant une interview surprise du président à bord d’Air Force One.
Son porte-parole, Michaël McCurry, avait averti que le président estimait avoir dit tout ce qu’il avait à dire pour l’instant sur ce sujet et ne souhaitait pas y revenir lors de la conférence de presse. Ce fut bien sûr peine perdue.
«De toute évidence, cela n’a pas marché», a reconnu M. McCurry après une conférence de presse au cours de laquelle sur sept questions posées par la presse américaine, cinq portaient sur les diverses variantes de cette affaire de financement. Une seule traitait des entretiens Clinton-Cardoso.
Faisant de son mieux pour ne pas trahir la moindre irritation, surtout devant un public étranger, M. Clinton a répondu le plus brièvement possible.
«Je ne sais rien là-dessus», a-t-il ainsi lâché comme on lui demandait s’il était vrai que la Maison-Blanche et le département de la Justice avaient entamé des négociations pour voir dans quelles conditions il pourrait être interrogé par les enquêteurs du FBI sur la découverte tardive d’enregistrements vidéo de réceptions qu’il avait offertes en 1995 et 1996 à des supporters fortunés pour financer sa campagne.
Après avoir remis au Congrès et au département de la Justice quelque 44 enregistrements début octobre, la Maison-Blanche était sur le point d’en remettre cette semaine plusieurs dizaines d’autres, garantissant que l’affaire continuerait d’accaparer l’attention des télévisions américaines au détriment d’une tournée qui s’achèvera samedi en Argentine.
«Je pense que ce sont les mêmes vieux trucs, a déclaré M. Clinton à propos de leur contenu. Je ne me fais pas de souci à ce sujet».
«Je pense que parfois, certains dans d’autres pays se demandent de quoi il s’agit», a commenté M. Clinton comme on lui demandait s’il était gêné par le fait que ces questions lui soient posées à l’étranger. Et d’assurer qu’il n’était pas «embarrassé». (AFP)


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