S’il a rejeté sur les tifosi et sur la police italienne la responsabilité des incidents qui ont éclaté samedi soir au stade olympique de Rome, M. Banks a reconnu que l’équipe d’Angleterre drainait toujours dans son sillage un certain nombre de fans pour le moins turbulents.
Selon les informations communiquées par l’unité du NCIS chargée des problèmes de hooliganisme, il y avait ainsi en Italie près de 700 supporteurs anglais connus des services de police et 95% d’entre eux avaient déjà été condamnés pour des actes de violence.
«Cela ne peut pas durer, a estimé M. Banks. On doit tirer des enseignements et s’en servir d’ici la phase finale de la Coupe du monde où le monde entier aura les yeux braqués sur les supporteurs anglais».
La justice britannique dispose depuis 1989 d’une loi — Football spectators act 1989 — qui lui permet d’empêcher un individu de sortir du territoire pour une durée déterminée si celui-ci a été reconnu coupable de hooliganisme. Mais, ainsi que le regrettait lundi M. Banks, les tribunaux hésitent à prononcer cette peine et neuf personnes seulement sont privées de liberté de mouvement en Grande-Bretagne.
«Ce pouvoir n’est pas utilisé par les tribunaux comme il devrait l’être, a estimé M. Banks. «C’est pourquoi les fonctionnaires de mon ministère et du ministère de l’Intérieur vont revoir cette loi. Parce qu’en clair, si nous n’utilisons pas les moyens dont nous disposons pour empêcher ces gens de voyager, alors franchement nous ne faisons pas notre boulot».
Pas de rétroactivité
Cette sévérité accrue de la justice, il y a un moment que la police la réclame. «Cela fait dix-huit mois que nous demandons une application étendue de l’interdiction de sortie du territoire», affirme un porte-parole du NCIS. «Nous serons bien sûr favorables à toute mesure visant à lutter contre le hooliganisme».
Mais d’ici juin prochain, la marge de manœuvre du gouvernement britannique apparaît réduite. D’abord parce que cette interdiction de sortie de territoire constitue une peine délicate à appliquer. Ensuite parce qu’il ne sera pas possible aux tribunaux d’agir de manière rétroactive. Les 700 hooligans fichés qui étaient le week-end dernier en Italie pourront donc se rendre en France en juin s’ils le souhaitent, sauf s’ils sont traduits en justice pour un nouveau délit d’ici là.
«Tout ce que nous pouvons faire, c’est communiquer le plus d’informations possibles sur ces individus à la police française», explique le NCIS. «Avant l’Italie, ils étaient en Pologne et tout s’est bien passé. Mais il n’est pas dans nos usages de donner des conseils à nos collègues sur la façon de les traiter».
Pour le football anglais, il est capital que le Mondial-98 se déroule sans que ses supporteurs soient montrés du doigt. Tout débordement affaiblirait en effet la candidature de l’Angleterre à l’organisation de la Coupe du monde en 2006.


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