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Actualités - Chronologie

Guerre américano-européenne pour les marchés de l'est

Les Américains et les Européens, avec l’ouverture de l’OTAN à l’Europe de l’Est, sont en guerre ouverte pour l’obtention de nouveaux marchés d’armement, comme en témoignent les multiples attaques lancées depuis cet été de part et d’autre de l’Atlantique.
Alimentée par un sérieux conflit sur la réalité du coût de l’élargissement de l’Alliance à la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, la bataille risque d’être d’autant plus difficile que les ventes d’armes dans le monde se raréfient et que les budgets de la défense diminuent.
Les hostilités ont été déclenchées en juillet, lors d’un sommet de l’OTAN sur le choix des premiers pays à inviter à adhérer.
«Il y a un certain nombre de gens qui ont intérêt, notamment ceux qui vendent des équipements ou de l’armement, à ce qu’on développe considérablement les moyens, qu’on les modernise, et que cela coûte excessivement cher», avait lancé le président français Jacques Chirac en dénonçant les estimations américaines élevées sur le coût de l’élargissement.
Les pays européens qui suggèrent que Washington a des «arrière-pensées» en poussant les membres potentiels de l’OTAN à augmenter leurs dépenses militaires, sont les premiers à espérer vendre leurs armes à ces pays, avait rétorqué peu après le secrétaire d’Etat américain à la défense, William Cohen.
Le week-end dernier, la tension américano-européenne a été ravivée par des parlementaires. «Les Américains distribuent les bonnes et les mauvaises notes en fonction de l’achat ou non de leurs produits» par les candidats à l’OTAN, a critiqué le député français Jean-Michel Boucheron.
La Roumanie «n’a pas à faire la danse du ventre devant les Etats-Unis» en échange de son adhésion à l’OTAN, a-t-il ajouté, en dénonçant avec le parlementaire allemand Karsten Voigt «le chantage commercial des Américains» sur les pays invités à adhérer.

Suprématie US

«Hypocrites», s’est défendu l’Américain Gerald B. Solomon, en soulignant que les Européens tentaient eux aussi «de vendre leurs armes dans la région» et que Jacques Chirac l’avait précédé dans tous les pays où il s’était rendu avec des hommes d’affaires américains.
Parmi les contentieux en cours, la Roumanie, équipée jusqu’alors d’hélicoptères français, vient de se voir refuser par le FMI l’augmentation de 1,5 milliards de dollars de son endettement pour financer un projet américano-roumain de construction d’hélicoptères d’attaque Cobra.
Très critiquée par les Etats-Unis pour son manque de préparation à l’adhésion, Prague aurait refusé, pour cause de taux d’intérêt trop élevé, une offre de prêt américaine de 80 millions de dollars, liée à une vente de radars de détection aérienne, un marché convoité aussi par la France.
De fait, l’élargissement de l’OTAN à des pays d’Europe de l’Est, obligés de moderniser leurs armées pour les rendre compatibles avec celles de l’Ouest, ouvre un gigantesque marché d’armement. «Derrière l’élargissement, des intérêts énormes existent, notamment en Pologne et en République tchèque», précise un expert du dossier.
Même si les nouveaux membres n’ont que de faibles crédits à consacrer dans l’immédiat à leur défense, le renouvellement de leurs équipements va se révéler juteux à long terme pour les industries d’armement occidentales.
En Pologne, République tchèque et Hongrie, les principaux besoins concernent l’achat d’avions supersoniques, de systèmes informatiques et de communication et une modernisation de chars T-72 d’origine russe.
Dans la guerre commerciale qu’ils se livrent, Etats-Unis et Europe ne jouent cependant pas à armes égales en raison d’une suprématie américaine.
Si Washington peut se permettre de liquider à très bas prix, voire même de donner, des avions de combat ou des chars, en garantissant pour les sociétés américaines les pièces détachées et l’entretien, il en est tout autrement pour l’industrie européenne de la défense, qui reste divisée et dont la restructuration et la rationalisation ont pris un retard considérable.

Les Américains et les Européens, avec l’ouverture de l’OTAN à l’Europe de l’Est, sont en guerre ouverte pour l’obtention de nouveaux marchés d’armement, comme en témoignent les multiples attaques lancées depuis cet été de part et d’autre de l’Atlantique.Alimentée par un sérieux conflit sur la réalité du coût de l’élargissement de l’Alliance à la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, la bataille risque d’être d’autant plus difficile que les ventes d’armes dans le monde se raréfient et que les budgets de la défense diminuent.Les hostilités ont été déclenchées en juillet, lors d’un sommet de l’OTAN sur le choix des premiers pays à inviter à adhérer.«Il y a un certain nombre de gens qui ont intérêt, notamment ceux qui vendent des équipements ou de l’armement, à ce...