Après le succès diplomatique qu’a constitué la signature de la charte fondatrice OTAN-Russie en mai 97, les ressources consacrées à l’élargissement de l’Alliance atlantique répondront plus probablement à des impératifs budgétaires que stratégiques, juge l’Institut international de défense stratégique.
La priorité des nouveaux membres sera de répondre aux impératifs d’inter-opérabilité et d’adapter leur format et leur armement à la nouvelle doctrine «plutôt que de s’équiper pour les guerres d’hier». Ils devront ainsi investir dans les réseaux de télécommunication et obéir aux impératifs de mobilité et d’action rapide.
De même, la plupart des pays membres de longue date «ont beaucoup à faire et beaucoup à dépenser pour se restructurer et se rééquiper dans la perspective des futures opérations de l’OTAN».
L’avertissement découle du constat selon lequel les dépenses militaires des pays européens, membres de l’OTAN ou non, ont continué de baisser en 1996-97, une tendance de fond observée depuis 1992.
En 1996, elles se sont élevées à un peu plus de 187 milliards de dollars, soit 40% des dépenses globales de l’OTAN. Les Etats-Unis ont contribué à hauteur de 58%.
Contraintes budgétaires
Cette baisse, couplée à des restructurations, n’est pas sans conséquence. «Il y a de moins en moins de forces militaires européennes disponibles pour être déployées», prévient l’IISS.
En Europe, en ce moment, seuls le Royaume-Uni et la France, «dans une moindre mesure», sont capables de participer à une opération combinée — terre, air, mer — sur un théâtre extérieur avec un déploiement significatif de troupes.
«Les contraintes budgétaires empêchent également ces pays d’exploiter les nouvelles technologies qui pourraient aider à compenser les réductions de troupes», ajoute-t-il.
Dans les pays européens hors zone OTAN, les dépenses militaires ont chuté d’environ 10% en 1996 par rapport à 1995. Les exceptions sont l’Ukraine, les Pays Baltes, la Pologne et Chypre.
L’OTAN a affirmé en 1996-97 son nouveau rôle multiforme.
Elle a démontré sa pertinence en matière d’aide humanitaire, avec une opération internationale d’assistance à la Pologne ravagée par les inondations, associant 14 pays membres et des Etats membres du Partenariat pour la paix à l’été 97.
En Albanie, elle est intervenue comme pourvoyeur d’aide et force de stabilisation, avant de s’engager dans un programme de réorganisation de l’armée albanaise.


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