Les dégâts sont importants. En une semaine la cote a abandonné 4,5%, l’indice CAC 40 revenant à 2.955,11 points.
Le 3 octobre, le CAC 40 avait fait tomber les records affichés le 31 juillet dernier, clôturant à 3.094,01 points après un pic à 3.114 en cours de séance contre respectivement 3.075,67 points et 3.107,21 points.
Depuis le début de l’année, la bourse affiche encore un gain de 27,61%.
Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine, jetait mercredi un froid à Wall Street — qui la veille frôlait son record absolu — et sur les autres places financières en estimant «irrationnelle» une poursuite de hausse des marchés au rythme de ces deux dernières années.
Ce n’est pas la première fois que M. Greenspan donne le frisson aux marchés. Au début décembre 1996, il avait évoqué l’exubérance irrationnelle des marchés, provoquant un trou d’air sur les marchés avant que ces derniers ne reprennent leur ascension. Wall Street a notamment gagné 26% depuis cette mise en garde.
A peine vingt-quatre heures plus tard, les banques centrales assenaient un nouveau coup aux marchés en relevant de manière inattendue leurs taux d’intérêt sous la houlette de la Bundesbank, préoccupée par les risques de reprise de l’inflation.
La hausse des prix en Allemagne tourne autour de 2% mais l’ascension du dollar ces derniers mois a fait flamber les prix à l’importation en juillet avec une moyenne annuelle de 5,4%.
Pour la première fois depuis cinq ans, la Bundesbank a remonté de 30 points son troisième taux directeur de 3% à 3,30%. Au nom de la solidarité et de la convergence européennes, les autres banques centrales ont emboîté le pas, portant sur les fonts baptismaux l’embryon d’une politique monétaire commune.
La Banque de France a ainsi remonté pour la première fois depuis décembre 1995 son taux d’appel d’offres, l’équivalent du taux de prise en pension allemand, de 0,20 point à 3,30%
Même si l’inflation demeure sage en France — l’INSEE s’attend à une hausse de 1,2% à la fin 1997 — la Banque de France indiquait que cette hausse vise à préserver durablement dans la phase actuelle du cycle économique la stabilité monétaire et le bon niveau de confiance dans le franc et donc à «maintenir un environnement approprié pour une croissance économique substantielle, saine et durable» en 1998-99.
En écho, le ministre de l’Economie et des Finances Dominique Strauss-Kahn s’empressait de déclarer que cette hausse ne changeait rien à la politique économique menée par le gouvernement Jospin en affirmant que tous les indices montrent que «la reprise est là, qu’elle est solide». Il ajoutait que «le budget 1998 est construit sur une hypothèse de croissance de 3% et une hausse des taux d’intérêt à court terme ne l’influence que très marginalement».
Les milieux financiers partageaient en gros ce point de vue, soulignant que la croissance aux Etats-Unis se poursuit à un rythme rapide malgré des taux à court terme à 5,25%.
Pour des analystes, les banques centrales qui n’ont pas hésité à utiliser l’arme des taux indiquent clairement qu’elles ont une grande confiance dans la reprise des économies européennes.
Cette reprise a été plus précoce que prévu en Europe, estime la société de bourse EIFB, pour qui le retournement de la conjoncture a eu lieu il y a un an environ. Les résultats semestriels des entreprises en portent clairement la trace, poursuivent les analystes de la société.
Malgré ces accidents de parcours, la bourse de Paris garde encore un important potentiel d’appréciation pour deux raisons, estime EIFB: un niveau de valorisation modéré du marché parisien — inférieur par exemple au marché allemand ou à la bourse de Milan — et une révision à la hausse des anticipations de résultats des sociétés, plus forte que sur les autres marchés européens.
La bourse bénéficie également d’importantes liquidités que libèrent notamment les dernières OPA. Ces dernières font monter les enchères: Casino a pris 21% d’un nouveau groupe de distribution constitué par le rachat au groupe Pinault-Printemps des magasins Prisunic.
D’autre part les AGF et Ifil, filiale française du groupe italien Agnelli, ont volé au secours de Worms et Cie en faisant une contre-OPA à celle d’Artémis.
Toutes les séances de la semaine ont été vouées à la baisse: le CAC 40 cédait 0,52% lundi, 0,44% mardi et 1,32% mercredi. Jeudi les pertes atteignaient 2,10% et vendredi 0,19%. (AFP)


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