«Le respect des droits de l’homme ne saurait faire oublier une dimension fondamentale que la réunification de l’Europe autour des valeurs démocratiques a rendu encore plus actuelle: la dimension sociale», a déclaré le premier ministre français qui mène à Paris de difficiles négociations avec les partenaires sociaux sur le temps de travail et la réduction du chômage.
«Le défi le plus important que nous ayons à relever, en cette fin de 20e siècle, à l’échelle du continent européen, est celui du chômage et plus particulièrement du chômage des jeunes», a-t-il dit.
Pour ce faire, a-t-il précisé, existent des politiques nationales relayées par les mécanismes de l’Union européenne, mais aussi des «institutions mises en place par le Conseil de l’Europe».
Dans son intervention de sept minutes, le premier ministre français a souligné que «la Grande Europe (...) incarne aux yeux du monde une certaine forme de civilisation fondée sur la justice, la démocratie et les droits de l’homme».
«Redoubler
d’efforts»
A l’approche du 50e anniversaire du Conseil de l’Europe, en 1999, il a jugé que la réunion de ce second sommet avait été nécessaire pour «redéfinir nos grands objectifs, renouveler notre engagement et redoubler d’efforts pour aller vers une Europe plus démocratique, plus juste et constamment préoccupée de la dignité humaine».
Il a souligné que «la protection de l’individu» était au cœur de cette démarche et qu’elle mettait «aujourd’hui l’accent sur le monde du travail et le monde de la culture».
«Il y a là en effet des opportunités nouvelles qu’il convient de saisir», a-t-il dit.
Lionel Jospin a également mis en évidence «la dimension linguistique et culturelle» à laquelle selon lui «aucun Européen ne saurait rester insensible».
«Plus que jamais en cette fin du 20e siècle qui voit se développer la mondialisation des échanges et la globalisation de l’économie, l’Europe a besoin d’affirmer son identité qui est faite de la diversité de son patrimoine linguistique et culturel», a-t-il dit.
La préservation des langues et cultures régionales va de pair avec «la maîtrise des nouvelles technologies de l’information qui doivent respecter la diversité de nos langues» et «contribuer à la propagation de nos valeurs communes: éducation, démocratie, progrès social».
Il a souhaité que l’«Europe de demain (...) évolue en harmonie avec l’Union européenne elle-même destinée à s’élargir» et qu’elle soit «en symbiose avec les autres institutions européennes» politiques, économiques ou militaires.
«Cette Europe», a-t-il précisé, «nous la souhaitons protectrice de la diversité de ses populations mais surtout ouverte sur le monde, attentive aux conflits qu’elle doit aider à résoudre, généreuse envers les pays auxquels elle apporte son assistance, soucieuse de jouer (...) un rôle d’équilibre et de paix». (Reuter)


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