Ceux-ci sont traditionnellement partagés entre d’un côté les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, partisans d’une ligne dure face à Bagdad, et de l’autre Russie, France et Chine, favorables à plus de souplesse.
Les Etats-Unis ont accentué leurs pressions politiques et militaires contre l’Irak, qui a attaqué pour la première fois le chef de la Commission spéciale de l’ONU chargée du désarmement de l’Irak (UNSCOM) Richard Butler.
L’Irak a accusé M. Butler de faire le jeu des Etats-Unis.
Le Conseil doit en effet prendre sa décision après avoir entendu jeudi M. Butler et le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Hans Blix, qui viennent chacun de remettre aux 15 un rapport faisant le point sur le désarmement de l’Irak.
L’embargo imposé à l’Irak depuis l’invasion du Koweit en août 1990 ne pourra être levé que lorsque l’UNSCOM aura certifié que ce pays ne dispose plus d’armes biologiques, chimiques et nucléaires, ni de missiles d’une portée supérieure à 150 kilomètres.
Si le rapport de l’AIEA accorde un satisfecit global sur le désarmement nucléaire de l’Irak, celui de M. Butler est beaucoup plus critique, en particulier dans le domaine biologique.
Dans son rapport, il a estimé que Bagdad n’avait fait sur ce point «aucun progrès».
Il a en outre dénoncé les multiples entraves mises par les Irakiens au travail des inspecteurs de l’UNSCOM.
M. Butler a succédé en juillet à Rolf Ekeus qui entretenait des relations très tendues avec Bagdad.
Compromis
Le quotidien irakien «al-Joumhouriya» a affirmé que «Rolf Ekeus se dissimule sous le masque de Richard Butler».
Pour le journal, «la tactique des services de renseignement américains vise à lancer des accusations infondées afin de tromper l’opinion publique, notamment les membres permanents du Conseil de Sécurité».
«Le but de cette crise est de mettre dans l’embarras les trois autres membres permanents du Conseil, la Russie, la Chine et la France et de les empêcher d’appliquer leur promesse de proposer une levée partielle de l’embargo», affirme «al-Joumhouriya».
Le journal fait référence à la décision de Washington de dépêcher dans la région un groupe naval dirigé par le porte-avions «USS Nimitz».
Le porte-parole du département d’Etat, James Rubin, indiquait que les Etats-Unis s’efforçaient de «maintenir la pression sur l’Irak» avec les autres membres du Conseil de Sécurité.
«Nous travaillerons avec nos collègues du Conseil de Sécurité pour nous assurer que le message le plus ferme possible soit adressé à l’Irak», a expliqué M. Rubin.
Le Conseil de Sécurité avait décidé en juin (résolution 1115) d’imposer de nouvelles sanctions contre l’Irak, sous la forme de restrictions de voyage pour les dirigeants, sauf si ce pays «se conforme pour l’essentiel» à ses obligations de coopération avec l’UNSCOM.
«Tout le débat va tourner autour du fait de savoir si Bagdad a ou non rempli pour l’essentiel ses obligations», prévoit un diplomate occidental.
Un diplomate russe a affirmé qu’il «n’y avait rien dans le rapport (de Butler) qui justifie des sanctions additionnelles».
Selon des diplomates, le Conseil pourrait choisir un compromis et décider de maintenir la menace de nouvelles sanctions, mais de ne pas les appliquer pendant six mois, jusqu’à un prochain rapport de M. Butler. (AFP)


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