Cette distinction suprême, estimait-on vendredi à Genève parmi des ONG favorables au bannissement total de cette «arme des lâches» qui tue ou mutile 26.000 personnes par an, dont 90% de civils, récompense cinq ans de travail pour sensibiliser l’opinion publique à ce fléau.
Les nombreuses ONG membres de la Campagne sont actives dans les domaines du développement, de l’environnement , du contrôle des armements, des droits de l’homme de l’assistance médicale humanitaire que ce soit au niveau local ou à l’échelle internationale.
Les associations fondatrices sont «Vietnam Veterans of America Foundation» (USA), «Handicap International» (France et Belgique), «Human Rights Watch Arms Project» (USA), «Medico International» (Allemagne), «Mines Advisory Group» (G-B) et «Physicians for Human Rights» (USA).
On leur doit les premières campagnes contre les mines en 1992 et la première conférence de 40 ONG sur les mines en mai 1993 à Londres où naît officiellement la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel.
Son comité de direction organise un an plus tard à Genève avec le soutien logistique de l’UNICEF sa seconde conférence internationale réunissant 75 ONG.
En novembre 1995 la Croix-Rouge (CICR) — non membre de la campagne — lance pour la première fois une campagne médiatique pour sensibiliser l’opinion publique internationale.
En mai 1996 lors d’une conférence de révision de la Convention de 1980 sur certaines armes classiques l’ICBL organise une réunion avec 15 pays qui veulent aller de l’avant concernant les mines antipersonnel.
Lors de la réunion le Canada prend la relève de ICBL et invite les Etats à Ottawa en octobre 1996 pour discuter d’une stratégie allant plus loin que la Conférence de révision de la convention sur les armes classiques. Cette dernière a échoué à dégager des moyens contraignants de vérification et limitation de l’utilisation des mines antipersonnel.
C’est le début du processus d’Ottawa, un mouvement auquel adhèrent aujourd’hui près de cent pays décidés à rendre cette arme illégale par un traité élaboré à Bruxelles puis à Oslo et qui sera soumis à signature début décembre dans la capitale canadienne.
La Chine et la Russie étaient absentes à la conférence d’Oslo.
Outre la signature de ce traité «humanitaire», rédigé dans l’urgence du fléau et qui n’engagera que les pays le souhaitant, la Conférence du désarmement de Genève souhaite élaborer à partir de l’an prochain un traité multilatéral contraignant sur l’interdiction des mines antipersonnel.
Il aurait l’avantage de réunir, contrairement au futur traité d’Ottawa, l’ensemble des grands pays producteurs comme la Russie, la Chine ou l’Inde mais son élaboration risque de durer plusieurs années, même si la décision des sages d’Oslo donne un nouveau signal clair sur le souhait de la communauté internationale de rendre les mines antipersonnel illégales. (AFP)


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