Cinq mois après avoir battu le champion du monde d’échecs Gary Kasparov avec son super-ordinateur Deep Blue, IBM a présenté jeudi à Paris «Deep Blue Junior», version allégée basée sur un seul processeur mais néanmoins capable d’examiner 20 millions de positions sur un échiquier à la seconde.
Chung-Jen Tan, le directeur du projet Deep Blue d’IBM, a indiqué, au cours d’une de ses très rares apparitions publiques, que «même dans cette version allégée, Deep Blue Junior développe un jeu équivalent à celui d’un grand maître».
Alors que Deep Blue utilisait 32 processeurs et pouvait analyser 200 millions de positions par seconde, sa version «junior» ne pourra disposer de la puissance que donne le traitement «massivement parallèle»: les processeurs ne se partagent pas la charge de calcul, mais «Junior» comporte 16 circuits spécialisés pour les échecs, et surtout dispose des logiciels surpuissants et de la banque de fin de parties développés pour son aîné.
«Deep Blue Junior s’est déjà parfaitement bien comporté contre des champions d’échec de haut niveau», a indiqué M. Tan. Il a proposé à plusieurs spécialistes français du jeu de se mesurer avec le prototype de Deep Blue Junior basé dans son laboratoire de Yorktown, aux Etats-Unis. La démonstration fut rapide, Deep Blue Junior enchaînant les victoires en quelques minutes.
M. Tan a fait une mise au point concernant la décision d’IBM de ne pas sponsoriser une nouvelle rencontre entre Gary Kasparov et Deep Blue: «Kasparov a posé trois conditions et demandé que soient changées les conditions et règles de la rencontre. IBM, qui n’a pas cessé de jouer des tournois avec Deep Blue et qui en jouera encore, n’a pas pour métier d’être champion d’échecs, mais de développer des machines et des programmes», a-t-il souligné.
Le groupe d’Armonk a entamé, dès 1982, des recherches dans le domaine du jeu d’échecs parce que sa complexité est un excellent moyen d’apprendre comment utiliser la machine pour des applications très sophistiquées, comme l’analyse des données et l’aide à la décision.
Le directeur de la division RS/6000 pour l’Europe, Hervé Rolland, a rappelé que les opérations de simulation aujourd’hui en médecine, en prospection pétrolière ou en recherche sur les molécules, ou sur les études de marketing les plus lourdes, sont effectuées avec des RS/6000 SP.
Plus de 200 de ces machines sont actuellement installées en France.
Deep Blue peut aussi jouer au basket, a souligné M. Tan. Il a rappelé que la quasi-totalité des grandes équipes américaines utilisent ce type d’ordinateurs pour élaborer leurs stratégies de jeu, en traitant instantanément des millions de statistiques. (AFP)


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