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Actualités - Chronologie

Anvers Les diamantaires se taillent

Anvers (nord de la Belgique) est en passe de perdre son statut de capitale mondiale du diamant, après la découverte d’une série de scandales financiers consécutifs à la faillite d’une banque réputée chez les diamantaires.
Près de la moitié du diamant mondial transite par Anvers, ville flamande de près de 500.000 habitants.
La seconde agglomération belge après Bruxelles écoule 90% du marché du diamant brut, 55% du taillé et 45% des pierres à usage industriel. Le chiffre d’affaires annuel du secteur dépasse 23 milliards de dollars et représente 7% des exportations belges (1% de l’économie nationale).
Juteuse, cette position se retrouve menacée par les scandales qui secouent le milieu feutré des diamantaires depuis la faillite en janvier 1997 de la banque Max Fischer, victime d’escroqueries et accusée de blanchiment d’argent.
La fermeture de l’établissement, l’arrestation d’une dizaine de personnes et des perquisitions menées dans les locaux du Conseil supérieur du diamant (CSD) ont semé le trouble dans la communauté des 30.000 diamantaires anversois.
«Le secteur diamantaire baigne dans un climat de panique et de méfiance, et la ville risque de perdre sa place privilégiée de leader mondial», déclare Peter Meeus, directeur de la Bourse d’Anvers.
Au rang des suspects du scandale Fischer figurent notamment deux membres de la famille Fischer, trois dirigeants d’United Diamonds, et un diamantaire libanais, Fouad Abbas, soupçonné d’avoir blanchi de l’argent provenant du trafic de drogue par l’intermédiaire de la banque.
Dans la foulée, quatre responsables de la firme diamantaire E et H ont été arrêtés puis libérés sous contrôle judiciaire, pour avoir tenté d’exporter plus de 200 millions de FB (5,5 M USD) de faux diamants, en réalité de simples graviers, afin de combler un trou de leur comptabilité.
Ils sont également soupçonnés d’avoir corrompu deux fonctionnaires du Diamond Office, le département du CSD chargé de contrôler les transactions diamantaires vers l’étranger.

Mafia russe

La multiplication des affaires s’est ajoutée à des rumeurs persistantes sur une infiltration de la place d’Anvers par la mafia russe, nées de l’arrestation en janvier du patron de la firme Golden Ada, le diamantaire russe Andrei Kozlenok, soupçonné de trafic international de diamants.
La justice anversoise observe un mutisme complet sur la question, tandis que le CSD dément catégoriquement toute infiltration de la mafia russe.
«L’opinion publique est en train de faire l’amalgame d’événements externes nuisibles au secteur et qui ébranlent la confiance», estime un membre du cabinet d’avocats Loeff Claeys Verbeke.
«Maintenant, il faut commencer à se comporter en bons citoyens», souligne-t-il, assurant que l’heure est aujourd’hui «à une plus grande transparence».
Signe du malaise ambiant, la maison Loeff Claeys Verbeke travaille actuellement, à la demande du CSD, avec un «groupe d’action» réunissant 200 des plus importants diamantaires anversois.
Objectif, créer un statut financier légal pour redorer l’image d’un secteur à qui les autorités belges, désireuses d’attirer les diamantaires, avaient accordé au sortir de la Seconde Guerre mondiale une liberté économique quasi totale.
«Chaque profession a ses brebis galeuses, et cela vaut sûrement pour un secteur où les quantités d’argent sont énormes», concède un membre du groupe d’action.
«Les diamantaires ne veulent pas vraiment quitter Anvers, mais il y a des limites. Si ce climat persiste, ils finiront par être tentés par les avantages que leur offre la Bourse de Tel-Aviv», ajoute-t-il, résumant une crainte répandue de voir la «poule aux œufs d’or» quitter la Belgique pour Israël. (AFP)
Anvers (nord de la Belgique) est en passe de perdre son statut de capitale mondiale du diamant, après la découverte d’une série de scandales financiers consécutifs à la faillite d’une banque réputée chez les diamantaires.Près de la moitié du diamant mondial transite par Anvers, ville flamande de près de 500.000 habitants.La seconde agglomération belge après Bruxelles écoule 90% du marché du diamant brut, 55% du taillé et 45% des pierres à usage industriel. Le chiffre d’affaires annuel du secteur dépasse 23 milliards de dollars et représente 7% des exportations belges (1% de l’économie nationale).Juteuse, cette position se retrouve menacée par les scandales qui secouent le milieu feutré des diamantaires depuis la faillite en janvier 1997 de la banque Max Fischer, victime d’escroqueries et accusée de...