A l’entrée de la ville, quand on y arrive par la vieille Carretera Central (la Route centrale), des groupes d’ouvriers de la construction travaillent manifestement avec ardeur pour en faire une voie flambant neuve.
Construite dans les années 30 et peu fréquentée depuis les années 80, après l’ouverture de l’Autoroute Nationale, elle connaîtra, dans quelques jours, ses heures de gloire. C’est en effet, par la Carretera Central, qu’arrivera le 14 octobre, le convoi funèbre qui, parti de la Havane, transportera le cercueil du Che et ceux de ses camarades de la guérilla bolivienne de 1967, qui seront placés trois jours plus tard dans le Mausolée érigé en leur intention sur la place «Che Guevara».
Les restes du Che et de ses camarades avaient été découverts et authentifiés en juillet dernier, à Vallegrande, dans le sud-est bolivien, où ils avaient été enterrés dans une fosse commune, en octobre 1967.
Nul doute que le Mausolée, avec sa statue de bronze de sept mètres de haut et où reposera le Guerrillero Heroico, fera de Santa Clara un lieu de pèlerinage international.
Le nom de Santa Clara est, depuis décembre 1958, intimement lié à celui du Comandante Che Guevara, qui véritablement conquit là ses galons d’authentique chef militaire, enlevant la ville, à la tête de sa colonne de soldats rebelles, aux troupes du dictateur Fulgencio Batista. L’attaque du train de Santa Clara fait partie des batailles gagnées par el Ejercito Rebelde (l’Armée Rebelle), ouvrant la voie à la marche victorieuse sur la Havane.
Le Messager de la paix
Le Che est, depuis, le fils adoptif de cette ville — 210.000 habitants aujourd’hui et capitale provinciale — et son héros suprême.
Pour le Che, Santa Clara fut aussi une ville familière. Sa seconde femme, Aleida March, qui lui donnera quatre enfants, y est née. Le Che avait l’habitude de venir prendre quelque repos dans la maison de sa belle-famille.
Au centre de la ville, au style colonial espagnol, sont concentrés les édifices importants: le siège du pouvoir provincial, le musée, la bibliothèque, l’hôtel, entre autres, qui ont tous bénéficié d’un gigantesque coup de peinture fraîche.
La bibliothèque provinciale «José Marti», imposante batisse couleur sable, sera transformée en chapelle ardente les 15 et 16 octobre.
Près de là, se trouve la cathédrale qui accueillera le pape. On peut lire, sur une banderole apposée sur sa façade: «Bienvenue à Jean-Paul II, messager de la paix». Santa Clara, qui abrite une des populations les plus catholiques du pays, est une des quatre villes où se rendra le pape, lors de sa visite prévue entre le 21 et le 25 janvier prochain.
Fondée en 1609, Santa Clara, comme les deux autres villes que sont Camaguey et Holguin, est connue pour être restée éloignée des influences religieuses africaines, ayant eu, dans son histoire, un nombre réduit d’esclaves.
Cela s’explique aussi par le fait que Santa Clara n’est pas une ville portuaire et que sa région, avant le XXe siècle, ne fut pas une zone de plantations de canne à sucre importante.
Après le triomphe de la révolution, en janvier 1959, Santa Clara est devenue un centre industriel important, grâce aussi à la contribution personnelle de Che Guevara quand il était ministre de l’Industrie, au début des années 60. (AFP)


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