Plusieurs cas particulièrement dramatiques de meurtres commis ces jours derniers par des adolescents apparemment sans histoire sont venus tempérer l’optimisme affiché par les autorités américaines sur la baisse de la criminalité juvénile.
Dans un lycée d’une petite ville paisible du Mississippi, un adolescent de 16 ans a ouvert le feu sur un groupe d’élèves à l’extérieur de son lycée, faisant deux morts et six blessés.
Auparavant, le lycéen, Luke Woodham, avait tué sa mère en lui tranchant la gorge. Dans une lettre remise à un camarade de classe quelques minutes avant la fusillade l’adolescent, un petit rond blond à lunettes, affirmait: «Je ne suis pas fou, je suis en colère contre le monde. Tuer, c’est avoir du cran, c’est courageux et j’ai tué parce que des gens comme moi sont maltraités tous les jours».
Selon la police locale, le lycéen était désespéré après sa rupture avec sa petite amie il y a plusieurs mois et ne supportait plus les taquineries de ses camarades sur son embonpoint.
Dans un quartier résidentiel de Jackson Township, dans le New Jersey, bouquets et rubans s’amoncellent devant le domicile d’un enfant de 11 ans, apparemment violé et tué par un voisin de 15 ans. L’enfant avait fait le tour des maisons du quartier pour y vendre des bonbons au profit de son école.
Un lycéen sans histoire
L’adolescent interpellé, qui selon les premiers rapports de police aurait violé la victime avant de l’étrangler puis de cacher le corps dans un bois avoisinant, était un lycéen sans histoire, plutôt réservé et obsédé par l’informatique.
A Rockville, Maryland, une banlieue résidentielle de Washington, un adolescent de 17 ans, Sol Sheibein, est le suspect principal dans le meurtre particulièrement atroce d’un jeune homme de 19 ans d’origine costaricaine, dont le corps sans membres et a moitié brûlé a été retrouvé dans une maison vide.
L’affaire est en passe de tourner à l’incident diplomatique, le suspect ayant fui en Israël qui refuse de l’extrader en raison de la nationalité israélienne de son père, un avocat de Washington.
Plusieurs membres du Congrès se sont saisis de l’affaire exigeant l’extradition de l’adolescent sous peine de représailles en ce qui concerne l’aide américaine à Israël.
Psychologues et pédagogues s’interrogent dans la presse et les talk shows télévisés sur les raisons de cette violence chez les jeunes vivant pour la plupart la vie aisée de la «middle class» américaine avec voitures, ordinateurs et écoles privées.
Peter Blanvett, directeur de l’Alliance nationale pour la sécurité à l’école reconnaît sur CNN que «des actes de violence inouïe sont commis par des enfants de plus en plus jeunes et les éducateurs sont totalement démunis face à ce phénomène».
Cette vague de meurtres intervient alors que des chiffres plutôt encourageants faisaient état récemment d’une baisse de la criminalité juvénile, selon la Coalition for juvenile justice.
Pour la première fois également en plus de dix ans, le nombre d’enfants tués par des armes à feu a sensiblement diminué. (AFP)

