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Actualités - Opinion

Walid Akl : souvenir d'Espagne ...

Un hommage ému d’un admirateur, le Dr Elie Abou Fayçal, au grand pianiste disparu Walid Akl:

«Grenade 1977. Quand Walid Akl est descendu du train, il s’est d’abord enquis de la situation au Liban. En ouverture du concert, il a murmuré, «pour la paix au Liban». Il me souvient d’avoir jeté sur le papier, après ce concert sublime pour la paix, ces notes, ces impressions sur le jeu de Walid Akl:
— La sonate en la mineur de Schubert atteint dans son interprétation, des perspectives parnassiennes. Un premier mouvement où, ça et là, des accords plaqués avec une sonorité emphatique, échelonnent magistralement la tendresse que les pianissimi de Walid expriment dans un langage admirable. Le court deuxième mouvement, s’étalant dans une atmosphère tantôt sombre, tantôt sereine, conduit au troisième mouvement où le talent de Walid déborde toute expectative. Les scènes se déroulent dans une ardeur impétueuse; les horizons s’élargissent avec célérité dans une sphère céleste, avant un prompt retour à l’intimité, à la simplicité de cette sonate. Ce message de Schubert nous a été transmis fidèlement dans une verve rare.
— La sonate «Après la lecture de Dante» de Liszt nous emporte davantage dans des élévations enflammées dont l’exubérance de Walid imprègne chaque passage.
— Les trois sonates de Scarlatti forment un ensemble plein d’agréments qui file sur un clavier cristallin, dans une quiétude pittoresque.
— Dans Rachmaninof, il part d’un prélude joué avec tranquilité qui prépare le fulgurant prélude en si bémol majeur où le sens du rythme de Walid Akl prend tout son éclat. Après le troisième prélude, on aboutit à ces Trois Moments Musicaux de Rachmaninof dont les difficultés sont transcendées par l’extraordinaire sens musical du pianiste qui donne là une version à la fois âpre et délicate.
Naturellement la clameur fut immense... Comme bis, Walid a joué la Scherzo en do dièse mineur de Chopin, d’une allure enthousiaste, lançant ses octaves en des éclats scintillants... C’était en septembre 1977. Il y a vingt ans».
Un hommage ému d’un admirateur, le Dr Elie Abou Fayçal, au grand pianiste disparu Walid Akl:«Grenade 1977. Quand Walid Akl est descendu du train, il s’est d’abord enquis de la situation au Liban. En ouverture du concert, il a murmuré, «pour la paix au Liban». Il me souvient d’avoir jeté sur le papier, après ce concert sublime pour la paix, ces notes, ces impressions sur le jeu de Walid Akl:— La sonate en la mineur de Schubert atteint dans son interprétation, des perspectives parnassiennes. Un premier mouvement où, ça et là, des accords plaqués avec une sonorité emphatique, échelonnent magistralement la tendresse que les pianissimi de Walid expriment dans un langage admirable. Le court deuxième mouvement, s’étalant dans une atmosphère tantôt sombre, tantôt sereine, conduit au troisième mouvement où le...