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Actualités - Chronologie

El Nino joue avec les nerfs du marché

El Nino, l’enfant terrible du climat mondial, avec son lot de sécheresses extrêmes et de pluies diluviennes, joue avec les nerfs des courtiers en matières premières, qui s’efforcent d’évaluer son impact sur les récoltes tropicales.
Le souffle d’El Nino a déjà provoqué une flambée du cours de l’huile de palme, un raffermissement du prix du café et des remous dans le monde du cacao, de la canne à sucre et du caoutchouc.
Cette année, ce phénomène cyclique qui se manifeste tous les deux à sept ans, est particulièrement intense. «Aussi intense» que le cru 1982/83, qualifié de «Nino du siècle», dit Michael Davey, météorologue au Met Office, l’institut de météo britannique.
El Nino commence par un réchauffement anormal des eaux de surface sur la côte Pacifique de l’Amérique latine (d’où vient son nom, signifiant «enfant« en Espagnol). Il se termine en cataclysmes et quelquefois en famines, tout autour du globe.
Cette année, «l’enfant» a déjà eu de cruelles répercussions sur la vie des habitants du sud-est asiatique. Une intense sécheresse a entraîné la disette en Indonésie et Papouasie Nouvelle-Guinée et favorisé les feux de forêts qui étouffent la région.
Les principales matières premières tropicales sont produites abondamment dans la zone. Indonésie, Malaisie et Thaïlande concentrent les trois quarts de la production mondiale de caoutchouc et d’huile de palme, ainsi qu’une bonne portion de celle de cacao et de café.
Le prix du robusta s’est nettement corsé à Londres, anticipant une récolte médiocre en Indonésie, le plus gros des producteurs pour ce type de grain bon marché.
«La production indonésienne 1997 ne devrait pas dépasser les 6 millions de sacs contre 7,5 millions l’an passé», juge Robert Simmons, spécialiste pour le centre de recherche Landell Mills.
La piètre cueillette asiatique pourrait cependant se voir compensée par une forte production en Colombie et au Brésil, tempère l’expert.
Pour ce qui est de la fève de cacao, l’Indonésie, numéro trois mondial, devrait engranger une récolte médiocre. La production 1997/98 dans la région, qui représente en temps normal 15 à 20% de la récolte mondiale, devrait être marquée par un recul de 3 à 4%.
Ce déclin pourrait avoir des répercussions importantes sur le marché, compte tenu du déficit chronique de la production mondiale face à une consommation sans cesse grandissante, estime Mark Taylor, de Landell Mills.
Pour le moment, «aucun effet important» n’a été ressenti dans la première région de production de cacao, l’Afrique de l’Ouest. Mais, El Nino pourrait avoir un effet à retardement sur le temps de cette zone, souligne le météorologue Davey. Un temps plus sec, à craindre pour 1998, serait fatal aux cacaoyers africains qui donne leur goût aux deux tiers des tablettes de chocolat croquées dans le monde.
Les effets d’El Nino sont plus incertains sur la récolte mondiale de sucre, souligne l’expert Chris Pack, de la maison de courtage Czarnikow. «Les pays producteurs sont répartis régulièrement autour du globe», si bien qu’une sécheresse ici n’aura qu’un impact limité sur le marché.
Une mousson faible en Inde, comme cela est à craindre l’an prochain, pourrait réduire un peu plus une production locale déclinante et intensifier les importations de ce pays, le plus gros producteur mais aussi le plus gros mangeur de sucre au monde. (AFP)
El Nino, l’enfant terrible du climat mondial, avec son lot de sécheresses extrêmes et de pluies diluviennes, joue avec les nerfs des courtiers en matières premières, qui s’efforcent d’évaluer son impact sur les récoltes tropicales.Le souffle d’El Nino a déjà provoqué une flambée du cours de l’huile de palme, un raffermissement du prix du café et des remous dans le monde du cacao, de la canne à sucre et du caoutchouc.Cette année, ce phénomène cyclique qui se manifeste tous les deux à sept ans, est particulièrement intense. «Aussi intense» que le cru 1982/83, qualifié de «Nino du siècle», dit Michael Davey, météorologue au Met Office, l’institut de météo britannique.El Nino commence par un réchauffement anormal des eaux de surface sur la côte Pacifique de l’Amérique latine (d’où vient son nom,...