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Actualités - Chronologie

Le Sénat prépare une réforme du financement électoral

Le Sénat américain entreprend à partir de vendredi un vaste débat sur la réforme du système de financement des campagnes électorales, sujet des plus polémiques aux Etats-Unis où les batailles électorales se livrent et se gagnent à coups de millions de dollars.
Un vote sur un projet de réforme n’interviendra sans doute pas avant le 6 ou 7 octobre, a affirmé Trent Lott, leader de la majorité républicaine au Sénat.
Le président démocrate Bill Clinton avait menacé mardi dernier de forcer le Congrès à rester en séance si un débat n’était pas convoqué sur ce sujet avant la fin de la session d’automne.
L’initiative de M. Clinton intervenait alors que lui-même et son vice-président Al Gore font l’objet d’enquêtes préliminaires du département de la Justice pour déterminer s’ils ont enfreint la loi en 1995 et 1996 lors de la collecte de fonds nécessaires au financement de leur campagne à la Maison-Blanche.
Au Sénat, chacun des 45 démocrates et quatre membres de la majorité républicaine se sont déjà déclarés favorables à une réforme du système, selon Tom Daschle, le leader démocrate. Les partisans d’une réforme auront toutefois besoin d’au moins 60 voix pour imposer un vote à l’issue du débat en raison des procédures particulières au Sénat.
M. Daschle, lors d’une conférence de presse, a averti que certains républicains, opposés à tout changement, chercheraient à torpiller la réforme, avancée par le sénateur républicain John McCain et le sénateur démocrate Russell Feingold, avec un barrage d’amendements «tueurs», car inacceptables pour les démocrates et la Maison-Blanche.

«Argent mou»

Ce débat s’ouvre alors que le Sénat enquête depuis plusieurs mois sur les scandales financiers de la dernière campagne électorale et que la Chambre des représentants se prépare à en faire autant. Le président («speaker») de la Chambre, le républicain Newt Gingrich, avait estimé, lors d’une rencontre avec la presse, que le projet de réforme McCain-Feingold n’avait aucune chance d’être adopté par la Chambre.
Celui-ci vise notamment à interdire l’«argent mou» (soft money) — les contributions illimitées destinées à aider au fonctionnement administratif des partis, mais qui sont parfois détournées au profit des fonds de campagne des candidats.
MM. Clinton et Gore, par exemple, auraient sollicité de «l’argent mou» pour le Parti démocrate, à partir de leurs bureaux à la Maison-Blanche, et en auraient encaissé une partie pour leurs propres fonds de campagne.
MM. McCain et Feingold souhaitent aussi imposer des règles plus claires pour limiter l’appui de groupes de pression qui indirectement soutiennent des candidats en finançant des campagnes publicitaires, soi-disant indépendantes.
Pour les critiques du projet de réforme, des limites aux contributions ou aux dépenses de campagne constitueraient une atteinte à la liberté d’expression inscrite dans la Constitution.
M. Gingrich a affirmé être en faveur d’autres projets de réformes, notamment d’une limite aux contributions des syndicats, au nom de leurs adhérents, et qui vont essentiellement au Parti démocrate.
«La campagne électorale 1996 était cousue d’illégalités et d’actions illégitimes», a estimé M. Gingrich qui en a rendu responsables les démocrates.
Le leader républicain a également fustigé le département de la Justice qu’il a accusé «d’incompétence ou de mauvaise gestion délibérée» pour avoir jusqu’à présent refusé de nommer un procureur indépendant pour enquêter sur les scandales de financement.
Les actions du département de la Justice «ont largement servi à bloquer et à rendre l’enquête confuse», a-t-il ajouté dans une critique particulièrement virulente à l’encontre de l’Attorney General (ministre de la Justice) Janet Reno.
M. Gingrich a également accusé la Maison-Blanche de faire obstruction à l’enquête.
«Il y a toujours un nouveau chapitre, toujours une nouvelle révélation. Chaque fois que nous apprenons quelque chose de nouveau, c’est pire», a ajouté le speaker. (AFP)
Le Sénat américain entreprend à partir de vendredi un vaste débat sur la réforme du système de financement des campagnes électorales, sujet des plus polémiques aux Etats-Unis où les batailles électorales se livrent et se gagnent à coups de millions de dollars.Un vote sur un projet de réforme n’interviendra sans doute pas avant le 6 ou 7 octobre, a affirmé Trent Lott, leader de la majorité républicaine au Sénat.Le président démocrate Bill Clinton avait menacé mardi dernier de forcer le Congrès à rester en séance si un débat n’était pas convoqué sur ce sujet avant la fin de la session d’automne.L’initiative de M. Clinton intervenait alors que lui-même et son vice-président Al Gore font l’objet d’enquêtes préliminaires du département de la Justice pour déterminer s’ils ont enfreint la loi en...