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Actualités - Analyse

Le déficit budgétaire au coeur du problème

Un haririen le reconnaît sans fausse honte: «L’objectif aujourd’hui est de trouver de l’argent à n’importe quel prix, car il faut de toute urgence réduire le déficit du budget général ou à tout le moins l’empêcher de s’aggraver».
L’aveu est donc lâché: ce n’est pas tant pour les beaux yeux des habitants du Akkar et de Baalbeck-Hermel ou encore des déplacés qu’on veut emprunter huit cents millions de dollars, mais pour combler le trou du Trésor, qui effare la Banque mondiale et le Fonds monétaire international dont l’aide est conditionnée par un assainissement des finances publiques locales.

Coups de sonde

On va donc emprunter au dehors, au besoin sur le marché privé, vu que les gouvernements font toujours la fine bouche pour aider le Liban. Les conditions de délais et les taux d’intérêts risquent donc fort de n’être pas privilégiés.
«Raison de plus, enchaîne ce candide partisan du président du Conseil, pour ne pas alourdir davantage un service de la dette publique (paiement des traites) qui représente déjà près de 40% du chapitre budgétaire intitulé «dépenses publiques». Il faut donc de toute urgence prendre soin d’assurer à l’avance le financement de cet emprunt. Et nous ne voyons pas de moyen plus complet et plus commode que le relèvement des impôts et des taxes, la branche indirecte venant en premier car c’est elle qui rapporte le plus... Les autres moyens, comme la revente des biens domaniaux maritimes ou des plaques minéralogiques spéciales à trois ou quatre numéros, ne sont que amuse-gueule, des palliatifs, des expédients de peu d’apport, car il faut compter avec les «fuites de fonds» que la corruption occasionne».
On ne voit pas en réalité pourquoi il en irait autrement du revenu des surtaxations indirectes qui aboutirait dans les caisses sans fonds, comme les tonneaux des Danaïdes, d’une Administration qui détient sans doute tous les records mondiaux en matière de gaspillage, de gabegie, de corrompus et de corrupteurs.
Le ministre cité, dont la sincérité en privé a quelque chose de touchant car il est connu pour sa grande loyauté à l’égard du pouvoir, ajoute qu’«au stade actuel, nous n’avons vraiment pas ce que l’on peut appeler un programme cohérent. Nous haletons tout simplement après l’argent qui nous manque en lançant des idées, des coups de sonde, à gauche, à droite, pour voir ce qui peut marcher. Il y a longtemps, on le sait, que nous ne parlons plus du fameux plan décennal de redressement car nos illusions d’une paix régionale rapide se sont envolées depuis belle lurette. Et c’est d’ailleurs tant mieux en un sens car, avant l’avènement de Netanyahu qui a gommé pour de bon toutes nos espérances, l’estimation du coût global de ce plan était passée au fil des années de onze à dix-sept milliards de dollars... Où les aurions-nous trouvés, nous qui sommes, comme disent les Américains «short» de huit cents malheureux petits millions de dollars?»

Un «exploit»

Et d’affirmer ensuite que le chef du gouvernement «est le premier à vouloir savoir comment le déficit budgétaire, prévu à 37%, est passé à 55%, alors même que nombre de projets inscrits au programme de l’année comptable n’ont connu aucun début d’exécution.»
La question, assez étonnante de la part d’une source considérée comme loyaliste, devrait en principe être adressée au département des Finances, confié pour ainsi dire en sous-traitance à un ministre délégué, M. Fouad Siniora.
Toujours est-il que l’opposition, toujours tentée de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, soutient par la bouche d’un de ses plus virulents étendards que «M. Rafic Hariri a perdu son aura économique initiale, ses gouvernements successifs ayant développé une gestion globale qui reste certainement, à côté d’autres facteurs indépendants de toute volonté, une des causes de la situation peu enviable dans laquelle ce pays se trouve. Porter le passif de l’Etat libanais en cinq ans de 3 à 13 milliards de dollars est un exploit qui peut ternir tout prestige. Donc, si aujourd’hui il devait y avoir une crise ministérielle, M. Hariri pourrait bien pour une fois ne pas se succéder à lui-même».
Si, toutefois, les décideurs se décidaient à lui retirer leur appui, condition sine qua non évidente. L’on ne doit pas oublier non plus, à dire vrai, le crédit dont le président du Conseil jouit partout à l’étranger et qu’il met au service de son pays. Localement aussi, il est indéniable que les organismes concernés, même les syndicats prolétariens si l’on y regarde de près, voient dans son maintien au pouvoir un gage incontournable de stabilité monétaire. Il est en effet généralement admis que sauf miracle, l’éventuel départ de M. Hariri entraînerait une chute immédiate de la Livre, avec des conséquences socio-économiques catastrophiques sinon effroyables. On peut donc parier que pour les opposants qui rêvent de se substituer à l’homme en or, l’heure n’est pas encore venue de se mettre à table.

Ph. A-A.
Un haririen le reconnaît sans fausse honte: «L’objectif aujourd’hui est de trouver de l’argent à n’importe quel prix, car il faut de toute urgence réduire le déficit du budget général ou à tout le moins l’empêcher de s’aggraver».L’aveu est donc lâché: ce n’est pas tant pour les beaux yeux des habitants du Akkar et de Baalbeck-Hermel ou encore des déplacés qu’on veut emprunter huit cents millions de dollars, mais pour combler le trou du Trésor, qui effare la Banque mondiale et le Fonds monétaire international dont l’aide est conditionnée par un assainissement des finances publiques locales.Coups de sondeOn va donc emprunter au dehors, au besoin sur le marché privé, vu que les gouvernements font toujours la fine bouche pour aider le Liban. Les conditions de délais et les taux d’intérêts risquent...