Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Rave à l'église

La musique techno s’est découvert un nouveau décor en Allemagne, celui des églises, où psaumes et sermons cèdent régulièrement le champ, le temps d’une soirée «rave» (fête techno), à une déferlante de décibels et de rayons laser.
L’église Saint-Matthieu a ainsi donné le coup d’envoi à Berlin d’une tournée «Eternal Rave» qui s’est arrêtée dans plusieurs grandes villes (Hambourg, Francfort), avec une étape inédite aux Journées de l’Eglise évangélique à Leipzig.
Ces soirées sont organisées par un groupe de jeunes, à la fois fans de Dieu et de techno et qui ont su trouver une oreille bienveillante auprès des pasteurs protestants, l’Eglise catholique restant peu ouverte à ce genre d’initiatives.
«La techno est une culture de jeunes extraordinaire», explique l’organisateur de la tournée, Werner Nachtigal, âgé d’une trentaine d’années. «L’Eglise doit aussi montrer aux jeunes générations que le message de l’Evangile est top moderne», ajoute-t-il.
Dans la nef de Saint-Matthieu, les bancs ont cédé la place à un empilement de projecteurs et de haut-parleurs. Quelque 200 à 300 «ravers» se déhanchent frénétiquement, sur fond de Christ en croix.
Les DJ, dont le célèbre Dr Motte, inventeur de la Love Parade, qui réunit chaque année en juillet plusieurs centaines de milliers de fans de techno à Berlin, et des groupes «house» ou «jungle» de Grande-Bretagne se succèdent au pupitre, dans un martèlement de sons futuristes.
Une prêtresse blonde, vêtue d’une aube, surgit sur la scène installée près de l’autel et entame un «I am a Spiritual Woman» (je suis spirituelle), les yeux rivés au ciel.
Derrière elle, le Christ en croix se drape en cadence de bleu ou de rouge, submergé par les faisceaux lumineux qui balaient l’espace. De temps à autre, quelques notes d’orgue ajoutent à l’ambiance, dans un décor très moderne, l’église Saint-Matthieu ayant été reconstruite après 1945.
Tout est permis, shorts, tenues moulantes et paillettes, à l’exception de l’ecstasy, compagnon traditionnel des raves. «Try it Without Drugs» (essayez-le sans drogues), suggère un panneau sur un pilier. A l’entrée, un cerbère barbu arborant un «Jésus-Christ» sur son T-shirt veille au respect des consignes.
Devant son église, le pasteur Helmut Kornemann, 62 ans, se réjouit. «Cela n’a rien de profane. Il faut savoir être à l’heure de l’an 2000», dit-il. «Je crois que nous avons trop peur dans l’Eglise», poursuit-il.
M. Kornemann refuse toutefois que des lieux sacrés puissent être utilisés par des organisateurs sans scrupules pour gagner de l’argent. Les techno-parties ne doivent pas non plus devenir des fêtes missionnaires, souligne-t-il.
«Nous disons que nous sommes chrétiens et que c’est génial, mais nous ne voulons pas pour autant forcer les autres à le devenir», dit Danny Budd, manager d’un groupe techno venu de Bristol.
Pour le gros du public, la chose est entendue d’avance. «Ici, ce n’est pas comme ailleurs, un fan de techno se doit d’y venir», explique Patrick, 21 ans. «Moi croyante? Vous savez, je viens de Berlin-Est, je serais plutôt imprégnée de communisme», ajoute Karin, 26 ans.
La fête continue à battre son plein jusque tard dans la nuit. A quelques mètres de là, la prestigieuse Philarmonie, où Herbert von Karajan régna sans partage pendant des décennies, reste imperturbable. Au programme ce soir-là, Mozart et Chostakovitch. (AFP)
La musique techno s’est découvert un nouveau décor en Allemagne, celui des églises, où psaumes et sermons cèdent régulièrement le champ, le temps d’une soirée «rave» (fête techno), à une déferlante de décibels et de rayons laser.L’église Saint-Matthieu a ainsi donné le coup d’envoi à Berlin d’une tournée «Eternal Rave» qui s’est arrêtée dans plusieurs grandes villes (Hambourg, Francfort), avec une étape inédite aux Journées de l’Eglise évangélique à Leipzig.Ces soirées sont organisées par un groupe de jeunes, à la fois fans de Dieu et de techno et qui ont su trouver une oreille bienveillante auprès des pasteurs protestants, l’Eglise catholique restant peu ouverte à ce genre d’initiatives.«La techno est une culture de jeunes extraordinaire», explique l’organisateur de la tournée,...