«Il y a assurément eu un important travail de préparation au niveau du MOF (ministère japonais des Finances) et il est certain que le gouvernement japonais veut aboutir», a déclaré une source financière japonaise.
Cette conviction est partagée par ceux que l’initiative, mise sans préavis sur la table du G7, a surpris et inquiétés.
«Il est très peu probable que l’idée soit abandonnée», a estimé lundi le ministre français de l’Economie et des Finances Dominique Strauss-Kahn qui a qualifié les Japonais de «sérieux et très déterminés». Pour le commissaire européen chargé des affaires monétaires Yves-Thibault de Silguy, «l’initiative aboutira».
La question reste posée de savoir quelle initiative exactement.
Lundi, le ministre japonais des Finances Hiroshi Mitsuzuka a obtenu l’appui de Hong Kong, au cours d’une rencontre avec le secrétaire aux Finances du territoire Donald Tsang.
«Il y a plusieurs sortes de discussions sur un nouveau fonds régional», a dit M. Mitsuzuka et Donald Tsang a évoqué «une sorte de facilité régionale», selon un responsable nippon.
«Nous l’appelons Asia Facility, mais nous sommes à un stade très, très préliminaire», a indiqué le vice-premier ministre malaisien Anwar Ibrahim. «Le nom du fonds, les conditions imposées, les pays impliqués et les relations avec le FMI, tout cela va être étudié», a-t-il dit.
L’idée d’une coopération régionale renforcée dans le domaine financier et monétaire n’est pas nouvelle, indique la source financière japonaise qui rappelle la proposition de création d’une version asiatique de la BRI (Banque des règlements internationaux) faite après la crise mexicaine de 1994-95 par Bernie Fraser, le patron de la banque centrale australienne. «L’idée n’a pas pris son envol mais elle n’est pas morte», commente cette source. Et la crise thaïlandaise a rappelé que la question était plus que jamais d’actualité.
L’initiative japonaise repose d’abord sur le sentiment que les pays de l’Asie-Pacifique en général ne sont pas représentés dans les institutions internationales en proportion de leurs poids économique et financier réel. La BRI reste une institution essentiellement de l’Ouest alors que les banques centrales d’Asie détiennent désormais un tiers du total des réserves officielles de changes.
«Les quotes-parts des pays d’Asie au FMI vont augmenter mais c’est un processus très lent», remarque la source financière japonaise.
L’autre constatation concerne le caractère relativement limité des ressources du Fonds s’il s’agissait de faire face à une série de crises de l’ampleur de celle qui a frappé la Thaïlande et qui a exigé la mobilisation d’un soutien multilatéral de 17,2 mds USD.
Selon la source japonaise, «le gouvernement de Tokyo est très conscient des risques de conflit de compétence avec le FMI, mais en même temps, il souhaite que ce fonds ou cette facilité fonctionne de manière autonome». Autrement dit, son intervention ne serait pas uniquement complémentaire ou subordonnée à l’action du Fonds.


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