«L’Irak, dirigé par Saddam Hussein, est extrêmement soucieux de bâtir des relations saines, loin de toute ingérence, avec tous ses voisins», écrit le quotidien officiel «al-Joumhouriya».
«Mais en même temps, l’Irak possède une poigne de fer et sait utiliser l’épée s’il sent que ses voisins répondent à la main qu’il leur tend par de mauvaises intentions et tentent de porter atteinte à sa sécurité, l’unité de son peuple et son indépendance», ajoute le journal.
Pour sa part, le quotidien gouvernemental «as-Saoura» affirme que l’Irak «est disposé à ouvrir une nouvelle page dans les relations avec l’Iran, qui seraient basées sur la bonne volonté et la coopération, à condition que Téhéran accomplisse des initiatives concrètes pour remplir ses engagements».
Le journal ajoute cependant qu’il «ne semble pas que l’Iran ait abandonné ses pratiques ou procède à une révision sérieuse de sa politique à l’égard de l’Irak et de la nation arabe».
Le journal a minimisé la portée des changements intervenus en Iran avec l’accession à la présidence de M. Mohammad Khatami, estimant que «les changements de personnes ou de paroles, ainsi que les déclarations au sujet de la normalisation des relations avec l’Irak ou les pays du Golfe n’ont guère d’importance», s’ils ne sont pas assortis d’initiatives concrètes.
Le 22 septembre 1980 marque le début des opérations de l’aviation et de l’armée de terre irakiennes contre l’Iran. Bagdad affirmait alors avoir agi pour riposter à une série d’attaques iraniennes qui avaient commencé le 4 septembre. La guerre a duré huit ans et fait des centaines de milliers de morts.
Malgré un cessez-le-feu, les relations entre les deux pays évoluent toujours en dents de scie, le principal obstacle à la normalisation étant la question des prisonniers de guerre. L’Irak réclame également le rapatriement de ses avions civils et militaires entreposés en Iran aux premiers jours de la guerre du Golfe, pour les protéger des bombardements des alliés.
Par ailleurs, le président irakien Saddam Hussein a appelé hier les monarchies pétrolières du Golfe à rapatrier les centaines de milliards de dollars qu’elles ont placés à l’étranger et que convoite Israël.
Dans une allocution devant la direction du parti Baas au pouvoir, le président irakien a affirmé que les pétrodollars devraient être investis dans le monde arabe, «un abri sûr pour l’argent des pays du Golfe».
«Le sionisme convoite l’argent des Arabes et leurs investissements dans les pays occidentaux et les pays dans lesquels l’influence sioniste est prépondérante», a affirmé M. Saddam Hussein, dont le discours a été reproduit par l’agence officielle INA.
«La fortune arabe n’a pas d’autre endroit sûr que le monde arabe», a-t-il dit poursuivi, ajoutant que le fait d’investir dans les pays arabes «constituerait une protection contre la dilapidation» de tels fonds.
Saddam Hussein a réaffirmé que l’idéologie du Baas est, «en tant que théorie nationaliste révolutionnaire, la voie que les Arabes choisiront pour réaliser leur unité et décider de leur avenir». (AFP)


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