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Actualités - Chronologie

Jeu de piste à Roissy pour trouver le couloir de la honte

Il faut se poster le long de la voie rapide reliant le siège du groupe Air France à l’aérogare des charters T-9 à l’aéroport de Paris-Roissy pour découvrir l’entrée discrète de la «zone d’attente et d’hébergement» des étrangers en situation irrégulière.
Là, il faut encore attendre le passage éventuel de voitures banalisées de la police, circulant à contre-sens et à très grande vitesse, avec sirène mais sans girophare.
On découvre alors une porte à double battant, à l’arrière de l’hôtel Ibis, près d’un accès de service de la gare RER (Réseau express régional – Métro rapide) de l’aéroport. Cette porte rouillée «par le kérosène des avions» donne accès «au couloir de la honte et à l’étage des indésirables», précise un jardinier des Aéroports-de-Paris (ADP).
Un rapport sur «les zones d’attente françaises», publié en juin par l’ANAFE (Association nationale d’assistance aux frontières pour les réfugiés) en dressait un bilan accablant, décernant la palme à celle de Roissy: «Etat de saleté repoussant, sanitaires ne fonctionnant pas, conditions de sécurité non respectées en raison de la vétusté du branchement électrique»...
Trente-six chambres, dont la moitié sont fermées «pour raison d’insalubrité» depuis plusieurs mois, sont louées à l’année par le ministère de l’Intérieur pour un loyer annuel de 810.000 F (130.000 dollars).
Au premier étage, une casquette et la matraque d’un fonctionnaire de police sont posées sur le rebord d’une fenêtre ensoleillée. Les policiers chargés de la surveillance des lieux dénoncent aussi régulièrement l’insalubrité des lieux.
Quelque 4.500 étrangers des quatre coins du monde sont passés par le couloir du premier étage en 1996.
En cuisine, un des employés de l’hôtel indique que des plateaux-repas sont servis depuis plusieurs années aux «clients» non enregistrés à la réception de l’hôtel et à leurs «anges-gardiens»: entrée, plat et dessert du jour avec un jus d’orange et un café.
De l’autre côté, face au bâtiment 5720, QG de la Diccilec (direction centrale du contrôle de l’immigration et de la lutte contre l’emploi clandestin, ex-Police de l’air et des frontières), les «retenus» peuvent apercevoir de leur fenêtre les clients de «La jument verte», le restaurant-patio de l’hôtel Ibis. (AFP)
Il faut se poster le long de la voie rapide reliant le siège du groupe Air France à l’aérogare des charters T-9 à l’aéroport de Paris-Roissy pour découvrir l’entrée discrète de la «zone d’attente et d’hébergement» des étrangers en situation irrégulière.Là, il faut encore attendre le passage éventuel de voitures banalisées de la police, circulant à contre-sens et à très grande vitesse, avec sirène mais sans girophare.On découvre alors une porte à double battant, à l’arrière de l’hôtel Ibis, près d’un accès de service de la gare RER (Réseau express régional – Métro rapide) de l’aéroport. Cette porte rouillée «par le kérosène des avions» donne accès «au couloir de la honte et à l’étage des indésirables», précise un jardinier des Aéroports-de-Paris (ADP).Un rapport sur «les...