«Les meilleurs airs du communisme», disponible en disque CD et en cassette, comprend des marches militaires, des hymnes tels que l’Internationale, et toute une série de chants qui rythmaient les camps de pionniers, les réunions de milices ou celles du parti.
Y figure également la chanson des pionniers la plus populaire de Hongrie, où il est dit que «les pionniers sont si heureux, comme les écureuils dans les arbres».
Ces airs sont si connus en Hongrie, que des dizaines de milliers de personnes pourraient les chanter spontanément, connaissant les paroles par cœur.
L’engouement pour «Les meilleurs airs du communisme» n’a cependant rien à voir avec la nostalgie du communisme. Les gens ont plutôt envie en achetant ce disque de garder en mémoire des airs connus de leur jeunesse, selon Akos Rethly, l’éditeur de cette compilation.
«Les sept ans magiques ont passé» depuis la fin du communisme et «maintenant les gens peuvent, en riant, mettre leur passé de côté», explique M. Rethly, qui ne rechigne pas au qualificatif de «vendeur officiel du communisme».
Il a dans un premier temps imaginé cette compilation pour aider les visiteurs d’un parc de statues du communisme, à se mettre dans le bain de l’époque. Le Parc des statues, à la périphérie de Budapest, expose des statues géantes en bronze de Lénine, Marx et Engels, de héros de l’Union Soviétique et du mouvement ouvrier hongrois.
En entrant dans ce parc, les visiteurs sont accueillis par des retransmissions d’émissions de la «Radio du peuple», principal outil de propagande des gouvernements hongrois pro-soviétiques dans les années 40 et 50.
«Des visiteurs m’ont dit qu’ils souhaitaient également avoir la musique», explique M. Rethly.
Loin d’être un disque pirate, «Les meilleurs airs du communisme» reverse des droits d’auteur aux créateurs de ces airs, du moins ceux qui sont encore en vie. «Mais nous n’avons pas à payer pour la voix de Lénine», confie-t-il.
Dans un premier temps, la maison de disque Hungaroton Gong a lancé un millier d’exemplaires fin août sur le marché. «Nous avons vendu 10.000 exemplaires et continuons à recevoir des commandes de la part d’écoles et de cercles d’historiens», poursuit Akos Rethly.
«On ne peut pas chanter la Lambada, mais avec ces chansons, je peux rigoler avec mes copains, nous souvenir de nos excursions, les camps, les aventures, les filles d’Allemagne de l’Est, et cela va me permettre d’expliquer à mes fils comment était la vie auparavant», estime Gabor Iszkay, 32 ans, qui vient d’acheter le disque.
Pour ne pas choquer ceux qui — comme ce député de l’opposition qui s’est violemment élevé au Parlement contre la diffusion de ces airs sur la radio publique — demeurent nostalgiques du communisme, les diffuseurs n’ont pas organisé de publicité dans le pays.(AFP)


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