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Actualités - Chronologie

Les communistes italiens proches de la rupture

Crise probable, crise inévitable: les communistes italiens du Parti de la refondation communiste (PRC), alliés indispensables du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, font monter la pression, à quelques jours de la conclusion de la réforme du statut de la protection sociale.
«Il me semble difficile d’éviter la rupture. La crise, en l’état actuel, me paraît inévitable», a lancé le président du PRC, Armando Cosssutta, lors d’une réunion de la direction de son parti. Fausto Bertinotti, secrétaire national du PRC, a indiqué de son côté que si un accord sur les réformes sociales n’est pas trouvé d’ici à la fin du mois, il «sera trop tard». «La crise est probable», a-t-il estimé.
Le gouvernement dirigé par l’économiste catholique Romano Prodi a fait de l’assainissement des finances publiques son objectif prioritaire afin que l’Italie entre dans l’Union économique et monétaire (UEM), dès son lancement le 1er janvier 1999.
Le PRC qui soutient le gouvernement sans y participer refuse que soient écornés les avantages sociaux acquis. Ses voix sont indispensables à la Chambre des députés où le gouvernement ne dispose pas de la majorité.
Le Conseil des ministres doit adopter le 30 septembre prochain son projet de budget 1998 qui doit intégrer les conséquences de la remise en ordre de régimes sociaux jugés trop généreux. Or, à moins de quinze jours de l’échéance, les négociations semblent au point mort.
Le système de retraites absorbe actuellement 60% des dépenses sociales contre 40% en moyenne dans le reste de l’Europe. Des économies sont indispensables pour tenir le déficit public à 3% du Produit intérieur brut (PIB), une des conditions nécessaires pour l’entrée dans l’euro.
Dans le secteur de la santé, autre poste «budgétivore», le gouvernement vient de mettre en place une «carte de crédit social» qui sera nécessaire pour la gratuité des soins. Jusqu’à présent, l’accès gratuit aux services de santé publique se faisait pratiquement sans contrôle. La «carte de crédit social» ne sera accordée qu’après un examen approfondi de la situation financière du demandeur. Cette nouvelle formule permettrait d’économiser dès la première année jusqu’à 4 milliards de dollars.
Malgré les menaces communistes, le chef du gouvernement demeure serein.
Un signal encourageant vient d’être enregistré par le gouvernement. Sur les neuf premiers mois de l’année, le déficit public de l’Italie a été estimé à 32 milliards de dollars, soit un niveau permettant de respecter l’objectif d’un rapport de 3% entre déficit et PIB. En 1996, pendant la même période, le déficit était supérieur à 42 milliards de dollars.
Sûr de lui, le chef de la principale formation de la majorité, Massimo D’Alema, secrétaire du Parti démocratique de la gauche (PDS, social-démocrate), a mis en garde les communistes et indiqué que si le PRC faisait défection, il y aurait un retour aux urnes.
Les représentants centristes du gouvernement, Franco Marini, chef du Parti populaire (PPI, ex-démocrates chrétiens) et le ministre des Affaires étrangères Lamberto Dini, président du Renouveau italien, ont indiqué de leur côté qu’ils ne croyaient pas à une crise gouvernementale. Pourtant, une réunion prévue mercredi à Rome entre les différentes composantes de la majorité avec le PRC a été repoussée sine die.
A droite, la crise est prise peu au sérieux. Gianfranco Fini, président des post-fascistes d’Alliance Nationale (AN), a ironisé sur «Le pistolet de Bertinotti chargé à blanc». Le Pôle des Libertés, coalition de centre-droit qui regroupe l’AN, le parti de Silvio Berlusconi, Forza Italia, et deux petites formations démocrates-chrétiennes, le CCD et le CDU, ne semble pas en mesure d’affronter des élections anticipées. (AFP)
Crise probable, crise inévitable: les communistes italiens du Parti de la refondation communiste (PRC), alliés indispensables du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, font monter la pression, à quelques jours de la conclusion de la réforme du statut de la protection sociale.«Il me semble difficile d’éviter la rupture. La crise, en l’état actuel, me paraît inévitable», a lancé le président du PRC, Armando Cosssutta, lors d’une réunion de la direction de son parti. Fausto Bertinotti, secrétaire national du PRC, a indiqué de son côté que si un accord sur les réformes sociales n’est pas trouvé d’ici à la fin du mois, il «sera trop tard». «La crise est probable», a-t-il estimé.Le gouvernement dirigé par l’économiste catholique Romano Prodi a fait de l’assainissement des finances publiques son...