M. Siniora a tenu hier une réunion de presse, au siège de l’Institut financier relevant du ministère des Finances, au cours de laquelle il s’est adressé à un groupe de journalistes, en présence notamment de MM. Issam Hoballah, président du Conseil supérieur des douanes; Habib Abou-Sacre, directeur général des Finances; Claude Massaad, directeur des affaires foncières, et Elias Charbel, chef du service du budget.
Le but de cette réunion était d’évoquer le projet de réhabilitation de la direction des recettes, de refonte des mesures fiscales, d’amélioration de la perception et d’orientation des dépenses.
La modernisation de l’administration des finances, a notamment affirmé M. Siniora, a pour but la réactivation du cycle économique et la création de nouvelles opportunités d’emploi pour des milliers de Libanais. Après avoir passé en revue les différentes étapes qui ont été suivies pour la modernisation et l’informatisation de son département, M. Siniora a relevé que la corruption est toujours présente et que son éradication était du ressort de la réforme administrative, ajoutant qu’il est indispensable d’éloigner la politique de l’administration.
Prié de donner son avis sur les propositions du ministre de l’Intérieur, M. Michel Murr, pour assurer de nouvelles ressources au Trésor, M. Siniora a dit qu’il existe plusieurs suggestions dans ce sens qui doivent être mûrement étudiées afin d’éviter tout faux pas.
Concernant la falsification des manifestes douaniers, il a estimé que cette affaire a quelque peu été politisée et qu’elle n’a pas eu lieu telle que les médias l’ont présentée. La falsification, devait-il préciser, a eu lieu avant l’adoption du nouveau système informatique qui est devenu opérant au début de ce mois, ajoutant que cette affaire est actuellement aux mains de la justice et qu’il est difficile de fixer avec précision le montant des sommes dilapidées.
Relevant l’amélioration constante dans le domaine de la perception fiscale, M. Siniora a souligné que celle-ci s’est manifestée notamment dans le service mécanique grâce à la coopération entre les ministères des Finances et de l’Intérieur.
Pour ce qui est de la perception des quittances de l’électricité, il a remarqué qu’il s’agit là d’une question compliquée, nécessitant une décision politique, étant donné qu’il existe des régions qui consomment le courant sans s’en acquitter de la contrepartie.
Quant à l’accroissement du déficit budgétaire, qui a dépassé les prévisions, M. Siniora l’a attribué notamment au service de la dette publique; aux projets et propositions de loi, votés par la Chambre, sans être assortis d’aucune couverture financière, ainsi qu’aux dépenses courantes (salaires et prestations aux fonctionnaires du secteur public). Après avoir estimé ce déficit à 53% aujourd’hui, contre 60% en avril dernier, M. Siniora a prévu une réduction de ce taux d’ici la fin de l’année.
Evoquant enfin la question de l’endettement, M. Siniora a remarqué que c’est là le seul moyen pour remettre sur pied l’infrastructure, réactiver le cycle économique et relancer le marché de l’emploi.


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