D’autant que selon des analyses diplomatiques occidentales dont les notables jezziniotes ont eu vent, le compte à rebours pour un retrait précipité du Liban aurait déjà commencé en Israël où, on le sait, la formule «Jezzine d’abord» est toujours à l’honneur. Le Liban ayant refusé de négocier, en répétant que tout ce qu’il veut savoir c’est la 425, Israël riposte en refusant d’établir un calendrier-programme pour une relève bien ordonnée qui se ferait avec l’aide de la FINUL. Et faute d’obtenir, du Liban mais surtout de la Syrie, les garanties «de sécurité» qu’il exige, à savoir la mise sous contrôle du Hezbollah, l’Etat hébreu multiplie les menaces: il va se retirer, mais ensuite s’il y a des opérations contre lui en Galilée par exemple, il n’hésitera pas à détruire les installations électriques ou hydrauliques du Liban, voire à bombarder Beyrouth, comme le dit Avigdor Kahalani, l’un des faucons du Cabinet Netanyahu.
Trois mois
Toujours est-il que le président Rafic Hariri répète à qui veut l’entendre que la paix générale pourrait être signée en trois mois si Israël se retire du Sud et restitue le Golan à la Syrie. Une position qui confirme les constantes défendues par Damas depuis la conférence de Madrid et encore répétées dernièrement au secrétaire d’Etat Albright. Mais émanant du chef du gouvernement libanais, cette proposition vise également à rappeler si besoin était aux Israéliens que rien ne peut séparer le Liban de la Syrie et qu’il ne sera jamais question d’un traité de paix séparé après une libération du Sud qui ne s’accompagnerait pas d’un retrait du Golan.
Il reste que d’une façon ostensible, comme ils l’avaient fait en 83 dans la montagne, les Israéliens veulent que leur retrait «unilatéral», provoque aussitôt un clash entre l’armée libanaise et le Hezbollah. Il est possible cependant que ce piège ne fonctionne pas: en ce qui concerne Jezzine par exemple, le Hezb a précisé qu’il ne veut y développer qu’une activité de résistance et ne pas prétendre assumer une autorité publique quelconque, en cas de départ des lahdistes. une position qui en principe devrait être la même ailleurs dans les régions occupées, à cette différence cependant que le Hezb est confronté dans la bande frontalière, sur le plan de l’influence populaire, au mouvement Amal, mais aussi aux lahdistes qui pourraient garder le haut du pavé même après le départ de leurs protecteurs israéliens, dans les localités à majorité chrétienne actuellement confiées à leur gestion.
Les craintes de troubles qu’on peut éprouver à l’heure actuelle pourraient donc s’avérer justifiées, mais probablement bien plus dans les localités de la bande frontalière directement occupées par Israël que dans la région de Jezzine où il n’y a que l’ALS.
Ph.A.-A.


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