Une ancienne responsable du gouvernement américain a affirmé mercredi qu’elle avait subi des pressions d’un fonctionnaire pour autoriser une rencontre entre Bill Clinton et l’homme d’affaires libanais Roger Tamraz, qui promettait en échange 400.000 dollars au parti démocrate.
Sheila Heslin, ancienne responsable au Conseil national de sécurité, a affirmé devant une commission du Sénat avoir reçu en avril 1996 un appel téléphonique d’un haut fonctionnaire du département de l’Energie lui indiquant que M. Roger Tamraz avait versé 200.000 dollars aux démocrates mais accorderait encore 400.000 dollars au parti s’il obtenait de voir le président Clinton.
Mme Heslin avait répondu qu’elle ne donnerait «absolument pas» son accord à une rencontre entre MM. Clinton et Tamraz en raison du passé trouble de l’homme d’affaires.
Le haut fonctionnaire lui avait dit que l’ancien secrétaire général de la Maison-Blanche et collaborateur de Bill Clinton, Thomas McLarty, «appréciait beaucoup» la proposition de M. Tamraz et «qu’il voulait vraiment qu’il obtienne un entretien» avec Clinton.
Le fonctionnaire du département de l’Energie avait ajouté que M. McLarty avait dit que «le président voulait qu’il fasse cela».
Mme Heslin avait déjà refusé de donner le feu vert à une rencontre entre M. Tamraz et le vice-président Al Gore en raison du passé de l’homme d’affaires et a donc repoussé les pressions du fonctionnaire, John Carter.
M. McLarty a diffusé un communiqué démentant avoir parlé de la question avec M. Carter et affirmant que bien qu’il ait abordé la question avec un autre fonctionnaire du département de l’Energie, il n’avait «pas discuté des contributions de campagne de M. Tamraz».M. Tamraz était censé témoigner hier devant la commission sénatoriale sur les affaires de financements illicites de la campagne électorale de 1996.
M. Tamraz est accusé par le gouvernement libanais d’une fraude de l’ordre de 200 millions de dollars. Il cherchait également des soutiens pour un projet de construction d’un oléoduc entre la mer Caspienne et la Turquie. Il avait par la suite pu rencontrer M. Clinton à la Maison-Blanche où il avait notamment été invité pour une fête de Noël pour prendre le café et pour assister, en compagnie du président, à la projection du film «Independence Day». (AFP)


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