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Actualités - Chronologie

L'ONU menace de suspendre son aide aux réfugiés au Congo

Le Haut commissaire de l’ONU aux réfugiés, Mme Sadoko Ogata, a annoncé que l’ONU serait forcée de suspendre ses opérations de secours aux réfugiés au RDCongo si les Etats de la région continuaient à violer les droits des réfugiés.
Exprimant devant la presse «préoccupation, tristesse et colère», Mme Ogata a demandé le soutien du Conseil de Sécurité pour obtenir des Etats de la région des Grands lacs la garantie qu’ils respecteront le droit humanitaire. «La mise en œuvre de la suspension (des activités de l’ONU) dépendra des développements de la situation» dans la région, a souligné le haut commissaire aux réfugiés.
Le représentant du HCR à New York, Soren Jessen-Petersen, a expliqué que la décision de suspendre les activités de l’agence en RDC a été prise mais que l’application de cette mesure dépendra des garanties que le Conseil de sécurité obtiendra sur la protection des réfugiés comme sur la sécurité du personnel du HCR.
La soixantaine d’employés du HCR en RDC, présents surtout dans l’Est, sera redéployée dans le pays et dans la région, a-t-il précisé.
Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a entendu Mme Ogata, a fermement appelé les Etats de la région des Grands lacs à «respecter» les principes humanitaires après que le pouvoir de Kinshasa eut expulsé par la force la semaine dernière quelque 800 réfugiés hutus rwandais et burundais.
Le président du Conseil de Sécurité, l’ambassadeur américain Bill Richardson, a annoncé qu’il allait téléphoner aux dirigeants de la région afin d’obtenir des garanties sur la situation des réfugiés.
Les quinze membres du Conseil ont exprimé «dans les termes les plus forts» leur soutien au travail du HCR dans la région et leur «grave préoccupation» sur le sort des 800 réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants, expulsés jeudi dernier de la RDC, a indiqué M. Richardson.
Mme Ogata a précisé que le HCR avait arrêté ses opérations à Kisangani (nord-est du RDCongo), «parce qu’il n’y avait plus personne à protéger».
En revanche, l’agence de l’ONU essayait de protéger les réfugiés à Goma et Bukavu, a-t-elle dit.
«Nous faisons réellement face dans la région des Grands Lacs à une crise dans la protection (des réfugiés). Nous ne pouvons protéger les réfugiés si les gouvernements qui accueillent ces réfugiés ne respectent pas le droit, qui impose une protection des réfugiés», a dit Mme Ogata.
«Si le HCR ne pouvait pas obtenir des assurances sur la protection des réfugiés», a-t-elle ajouté, «nous serions obligés de suspendre nos opérations concernant les réfugiés rwandais au Congo».
Ces dernières semaines, des centaines de réfugiés ont été chassés de la RDC vers le Rwanda et les organisations humanitaires ont été victimes d’attaques ou interdites d’accès aux réfugiés.
Quelque 2.500 réfugiés rwandais et burundais se trouvaient dans des camps en RDC avant les dernières expulsions, plus de 20.000 autres étant dispersés dans le pays. Le HCR estime à 200.000 le nombre de réfugiés dont il reste sans nouvelle après l’offensive des soldats de Laurent Désiré Kabila qui a débuté contre les camps à la frontière rwandaise l’an dernier.
Des diplomates, et des organisations humanitaires, suspectent que ces expulsions ont pour objet d’empêcher la mission d’enquête de l’ONU, sur les massacres présumés de milliers de réfugiés par les forces de Laurent Désiré Kabila, de recueillir des témoignages.
Le gouvernement de M. Kabila a finalement donné par écrit son feu vert pour que cette mission puisse commencer son travail, mais le Conseil de Sécurité qui s’attend à de nouveaux obstacles de la part de Kinshasa a décidé de «suivre de près» l’évolution de la situation. (AFP)
Le Haut commissaire de l’ONU aux réfugiés, Mme Sadoko Ogata, a annoncé que l’ONU serait forcée de suspendre ses opérations de secours aux réfugiés au RDCongo si les Etats de la région continuaient à violer les droits des réfugiés.Exprimant devant la presse «préoccupation, tristesse et colère», Mme Ogata a demandé le soutien du Conseil de Sécurité pour obtenir des Etats de la région des Grands lacs la garantie qu’ils respecteront le droit humanitaire. «La mise en œuvre de la suspension (des activités de l’ONU) dépendra des développements de la situation» dans la région, a souligné le haut commissaire aux réfugiés.Le représentant du HCR à New York, Soren Jessen-Petersen, a expliqué que la décision de suspendre les activités de l’agence en RDC a été prise mais que l’application de cette mesure...