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Actualités - Chronologie

Quand les républicains se prennent à rêver

Même s’ils restent une espèce rare au Royaume-Uni, les républicains se prennent à rêver après la semaine «horribilis» vécue par les Windsor, persuadés que les Britanniques ont, en même temps que Diana, définitivement enterré une certaine idée de leur monarchie.
«Nous avons investi le premier président de la République de Grande-Bretagne» lors des funérailles de la princesse, trompette Anthony Barnett, un des principaux militants dans le pays pour la tenue d’un référendum sur la royauté.
Ancien président fondateur du mouvement Charte 88, qui milite pour des réformes démocratiques, cet écrivain se dit persuadé que la plus vieille monarchie constitutionnelle au monde vient de vivre «un renversement historique de l’équilibre des pouvoirs entre le trône et le peuple».
Pareilles proclamations peuvent paraître pour le moins optimistes à la lumière du dernier sondage publié sur la question.
Ils ne sont en effet que 11% d’iconoclastes à vouloir se débarrasser de la couronne, selon l’enquête commandée par le «Daily Telegraph». 86% des sujets demeurent attachés à leur royauté même si une 71% la voudrait plus «démocratique» et «accessible».
Il en faut plus pour désespérer le camp de la république. «Quand la poussière sera retombée, les gens vont faire le bilan» et constater que «la famille royale n’a plus prise sur les Britanniques», promet le président du principal mouvement républicain britannique, «Republican», Steven Hasler.
La gestion par la famille royale du deuil de Diana, que le «Times», pourtant peu suspect d’antimonarchisme primaire, a qualifié de «quasi-fiasco», lui donne en partie raison. Elizabeth II a connu ses pires moments depuis ce qu’elle a appelé elle-même «l’annus horribilis» de 1992 (marquée par le divorce de ses deux fils Charles et Andrew, et l’incendie de son château de Windsor), et sans doute même la pire depuis son accession au trône il y a quarante-cinq ans.
Pour la première fois, la famille royale retranchée en ses châteaux a paru céder à la pression populaire, consternée par l’apparente indifférence de leur souveraine. Funérailles d’ampleur nationale, hommage exceptionnel à la télévision, Union Jack flottant sur Buckingham: à chaque fois la reine a donné le sentiment d’être «à la remorque».
Pire encore lors des obsèques, les Windsor ont dû subir, toute rage contenue, l’affront d’entendre les centaines de milliers de personnes massées dans le cœur de Londres applaudir chaudement la diatribe du comte Spencer contre une royauté empesée dans son protocole victorien.
«Pour la première fois, les Britanniques se sont comportés en citoyens fiers et non en sujets serviles», jubile le député travailliste Paul Flynn, un des plus vibrants pourfendeurs de la royauté. «Le pays a décidé ce que la monarchie allait faire», assure-t-il.
La route paraît toutefois encore longue pour mettre à bas la monarchie la plus célèbre du monde. M. Flynn, qui jure que 20% de ses collègues députés Labour sont républicains, ne peut guère compter sur le premier d’entre-eux, Tony Blair, pour l’y aider. Le chef du gouvernement a répété son attachement à la royauté tout en se disant convaincu qu’elle se modernisera.
Sornettes, lui répondent en chœur les partisans de l’abolition. «La monarchie ne peut se réformer car elle est figée dans le passé», dit M. Hasler. «Les Britanniques ne sont plus sous le charme de la monarchie», assure-t-il, «Cela va prendre du temps» mais les sujets «finiront par décider que nous n’avons pas besoin d’elle». (AFP)
Même s’ils restent une espèce rare au Royaume-Uni, les républicains se prennent à rêver après la semaine «horribilis» vécue par les Windsor, persuadés que les Britanniques ont, en même temps que Diana, définitivement enterré une certaine idée de leur monarchie.«Nous avons investi le premier président de la République de Grande-Bretagne» lors des funérailles de la princesse, trompette Anthony Barnett, un des principaux militants dans le pays pour la tenue d’un référendum sur la royauté.Ancien président fondateur du mouvement Charte 88, qui milite pour des réformes démocratiques, cet écrivain se dit persuadé que la plus vieille monarchie constitutionnelle au monde vient de vivre «un renversement historique de l’équilibre des pouvoirs entre le trône et le peuple».Pareilles proclamations peuvent paraître...