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Actualités - Chronologie

La tolérance de la communauté internationale touche à sa fin

Quand il a compris qu’il était pris au piège à Banja Luka, Momcilo Krajisnik a pâli. Tôt mardi matin, les portes fermées de l’hôtel Bosna illustraient devant lui le durcissement de l’attitude internationale envers les dirigeants de Pale.

Pourtant l’élu serbe à la Présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine et les hauts dignitaires de la Republika Srpska (RS) qui l’accompagnaient dans le fief de leur rivale, la présidente Biljana Plavsic, pouvaient penser que tout avait été bien préparé.
Une centaine de bus étaient attendus, qui devaient permettre à leurs partisans venus d’autres régions d’assurer le succès du meeting prévu dans le centre-ville, voire d’en submerger le service d’ordre.
Mais l’engagement accru de la communauté internationale aux côtés de Mme Plavsic, en guerre ouverte avec Pale depuis deux mois, a changé la réunion électorale au casting prestigieux en cauchemar humiliant.
Les bus ont été interceptés par les blindés britanniques de la Force de stabilisation (SFOR) et les policiers ralliés à Mme Plavsic. Aucun d’entre eux n’a atteint Banja Luka.
Sur la place centrale, quelques centaines de partisans des durs de Pale n’ont pratiquement pas pu entendre les discours, tronqués, criés dans un mauvais mégaphone.
Vite retranchés dans l’hôtel Bosna, assiégés par une foule en colère, les hauts dignitaires n’ont dû leur salut qu’à la médiation des représentants internationaux et ont quitté les lieux sous une pluie de projectiles.
Auparavant, leurs gardes du corps avaient été évacués dans les blindés de la SFOR, que la propagande télévisée de Pale assimile régulièrement aux chars nazis.
Avant d’être relâchés, tous les membres de la délégation devaient se soumettre à un strict contrôle d’identité, afin de déterminer s’il n’y avait pas parmi eux des personnes recherchées pour crimes de guerre par le tribunal international de La Haye.

Un premier message

Dans le lobby de l’hôtel, après le dénouement, le haut représentant-adjoint en Bosnie, l’Américain Jacques Klein, ne cachait pas sa satisfaction.
«Les accords de Dayton ont permis de faire cesser les tueries et de construire des institutions», a-t-il déclaré. «Mais certaines des personnes qui étaient ici aujourd’hui s’y sont opposées de toutes les façons possibles. La tolérance de la communauté internationale touche à sa fin».
Partisan, à l’image de Richard Hoolbroke, père des accords de Dayton et vedette de la diplomatie américaine dans les Balkans, d’une politique de fermeté envers les maîtres de Pale, il ajoute: «Etre lapidé par ses propres concitoyens alors que vous êtes président est assez humiliant, n’est-ce pas?».
Les jeunes gens de leur escorte, habitués à régner en maître dans la région de Pale, ont été fouillés, mains sur la tête, par des soldats d’élite britanniques avant de sortir sous les lazzis. Armes et radios ont été confisquées. Les grosses berlines allemandes et les 4x4 de luxe ont été emportés par des camions grue.
«L’appui de la SFOR aux policiers de Plavsic pour s’emparer du commissariat de Banja Luka était un premier message», commente un représentant international qui demande à ne pas être identifié. «Aujourd’hui, c’est le même message, mais un ton plus haut. Et cela va continuer».
Au même moment, comme en écho, Richard Hoolbroke estimait à Washington que «la situation va dans la bonne direction» et que «si les Serbes de Bosnie continuent de vouloir défier les prémisses mêmes de l’accord de Dayton, ils vont être extraordinairement désolés de l’avoir fait et paieront le prix fort».
Quant au porte-parole du département d’Etat, il condamnait la «tentative de coup de la clique de Pale. Les événements des dernières vingt-quatre heures montrent qu’ils constituent un groupe isolé (...) condamné par l’Histoire», a déclaré son porte-parole. (AFP)
Quand il a compris qu’il était pris au piège à Banja Luka, Momcilo Krajisnik a pâli. Tôt mardi matin, les portes fermées de l’hôtel Bosna illustraient devant lui le durcissement de l’attitude internationale envers les dirigeants de Pale.Pourtant l’élu serbe à la Présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine et les hauts dignitaires de la Republika Srpska (RS) qui l’accompagnaient dans le fief de leur rivale, la présidente Biljana Plavsic, pouvaient penser que tout avait été bien préparé.Une centaine de bus étaient attendus, qui devaient permettre à leurs partisans venus d’autres régions d’assurer le succès du meeting prévu dans le centre-ville, voire d’en submerger le service d’ordre.Mais l’engagement accru de la communauté internationale aux côtés de Mme Plavsic, en guerre ouverte avec Pale...