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Actualités - Chronologie

Irène Joliot-Curie : tombée dans la science


«Tombée» dans la science quand elle était toute petite, Irène Joliot-Curie suivra les pas de ses illustres parents.
Prix Nobel de chimie à 38 ans, elle consacrera sa vie à la radioactivité, une radioactivité à l’origine de sa mort le 17 mars 1956. Elle succombera, comme sa mère, à une leucémie, consécutive à trente ans de travaux inépuisables sur les radiations. Son mari, Frédéric, disparaîtra à son tour, deux ans plus tard.
«Etre l’enfant d’un génie n’est pas facile, mais de deux…», plaisantait la brillante étudiante en fêtant, en 1925, l’obtention de sa thèse de doctorat sur les rayons alpha du polonium, un élément atomique trouvé par sa mère.
A la même époque, elle rencontre un ingénieur de l’Institut du radium, assistant de Marie Curie: Frédéric Joliot, de trois ans son cadet. Ils se marient en 1926 et ces deux «fous de science» partagent la même «paillasse». Irène travaille aussi à la Fondation Curie, créée en 1921 par sa mère, pour adjoindre des services thérapeutiques à l’institut du Radium.
Le 11 janvier 1934, Irène et Frédéric découvrent la radioactivité artificielle, qui leur vaut le prix Nobel l’année suivante. Une habitude familiale… Les parents d’Irène avaient aussi partagé un Nobel, celui de physique en 1903, avec Henri Becquerel, Marie «s’octroyant», seule, le Nobel de chimie en 1911.

Timide

Cette découverte d’une nouvelle forme de radioactivité, produite pour la première fois par l’homme, par réaction nucléaire, est un événement majeur, déterminant pour la radiothérapie et la mise au point de la première pile atomique française, Zoé, que Frédéric Jolio-Curie, alors haut-commissaire à l’énergie atomique, fera réaliser au CEA, en 1948.
Le couple découvre la radioactivité artificielle en observant qu’une plaque d’aluminium, placée près de polonium, émet des rayonnements, une fois cette source radioactive enlevée.
Il ne faudra que trois semaines à Irène et Frédéric pour «prouver chimiquement» ce qu’ils avaient observé «physiquement». La description des deux expériences paraît dans les comptes-rendus de l’Académie des sciences, les 15 janvier et 5 février 1934.
Les deux savants poursuivent dans cette voie une brillante carrière. Malgré sa timidité, Irène devient, en 1936, secrétaire d’Etat à la recherche dans le gouvernement de Léon Blum. Puis survient la Seconde Guerre mondiale.
Partageant les convictions de son mari, membre du Parti communiste depuis 1942, Irène participe à la Résistance. Tous deux fabriquent des explosifs pour le maquis, dans leur laboratoire, pourtant envahi de physiciens allemands! Elle se réfugie ensuite en Suisse avec ses deux enfants, Pierre et Hélène. Frédéric entre dans la clandestinité. De retour en France, elle dirige lors de la Libération de Paris, dans un labo du Collège de France, la fabrication de bombes antichars.
Déjà, pendant la Première Guerre mondiale, elle avait travaillé avec sa mère dans le service radiographique des armées, jusque dans les zones de combats.
Femme de sciences mais aussi de cœur, fervente sportive — elle fut l’une des premières skieuses françaises —, Irène Joliot-Curie était adorée de ses collaborateurs et de ses étudiants. Sa mort brutale, à 58 ans, alors qu’elle venait de fonder les laboratoires de physique nucléaire d’Orsay, laissa un vide immense dans la communauté scientifique. (AFP)Peu d’enfants auront eu autant de génie en héritage: quand Irène naît, le 12 septembre 1897, ses parents, Pierre et Marie Curie, sont sur le point d’isoler, dans leur laboratoire délabré de la rue Lhomond à Paris, un métal aux propriétés jusque-là inconnues, le radium. La dynastie Curie n’en est qu’à ses débuts.
«Tombée» dans la science quand elle était toute petite, Irène Joliot-Curie suivra les pas de ses illustres parents.Prix Nobel de chimie à 38 ans, elle consacrera sa vie à la radioactivité, une radioactivité à l’origine de sa mort le 17 mars 1956. Elle succombera, comme sa mère, à une leucémie, consécutive à trente ans de travaux inépuisables sur les radiations. Son mari, Frédéric, disparaîtra à son tour, deux ans plus tard.«Etre l’enfant d’un génie n’est pas facile, mais de deux…», plaisantait la brillante étudiante en fêtant, en 1925, l’obtention de sa thèse de doctorat sur les rayons alpha du polonium, un élément atomique trouvé par sa mère.A la même époque, elle rencontre un ingénieur de l’Institut du radium, assistant de Marie Curie: Frédéric Joliot, de trois ans son cadet. Ils se...