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Actualités - Chronologie

Les missions spatiales russes n'ont plus de secrets pour personne

Le centre de contrôle des vols spatiaux (TSOUP) de Korolev, près de Moscou, longtemps muré dans le secret, est devenu ces derniers mois une véritable tour de Babel, où des dizaines de journalistes peuvent rendre compte en direct des missions les plus spectaculaires.
«Le plus inattendu, lorsqu’on sort dans l’espace, c’est la sensation de chute permanente, provoquée par la vitesse de la station, 26.000 km/h». L’Américain Jerry Linenger, confortablement installé dans l’un des fauteuils réservés aux invités, raconte à une poignée de reporters russes et occidentaux sa propre expérience, lors d’une sortie dans l’espace réalisée à partir de Mir en avril dernier.
Autour de lui, les dizaines de personnes conviées à suivre en direct depuis la salle de contrôle du TSOUP la sortie de Michael Foale et Anatoli Solovev.
Entre deux conversations radio entre Mir et la terre, retransmises par haut-parleurs afin que personne n’en perde le moindre trait d’humour, Linenger commente: «Dans l’espace, la première priorité, c’est de toujours vérifier que l’on est bien attaché à la station, sous peine de mort. La seconde, c’est de contrôler en permanence le bon fonctionnement du scaphandre, la température, la ventilation. La troisième seulement, c’est le travail».
Assise dans la rangée derrière Linenger, une technicienne du TSOUP semble songeuse: «Je travaille ici depuis 35 ans, et je me rappelle l’époque où cette salle était un lieu top-secret, où aucun Occidental ne pouvait pénétrer».
«Depuis que des Américains volent sur Mir, l’ouverture est totale», constate-t-elle sans état d’âme, mais sous couvert de l’anonymat. Selon elle, bien des incidents graves — avant ceux qui ont frappé Mir ces derniers mois — ont parsemé l’histoire de la conquête spatiale soviétique, mais jamais l’information n’a franchi les murs épais du centre de contrôle.
«Lorsque trois cosmonautes sont morts en redescendant sur terre en juin 1971, on a fermé toutes les portes du TSOUP pour interdire à quiconque de diffuser l’information», se souvient cette employée. «L’annonce officielle n’a été faite que plusieurs heures plus tard».

Un théâtre

Les jours de mission, les invités — dont les représentants des agences spatiales occidentales — sont désormais placés au balcon de la grande salle de contrôle, dont l’architecture évoque celle d’un théâtre.

A la place de la scène, un gigantesque triptyque lumineux: l’écran de gauche donne des informations sur la mission en cours, celui de droite permet de suivre en direct la mission, et affiche les données des scaphandres des deux cosmonautes évoluant dans l’espace.

«Michael, tu dois avoir froid, tourne ton régulateur sur la position deux», conseille le directeur des vols à l’Américain Foale, constatant que la température à la surface de son corps est tombée à 34,8 degrés.
Sur l’écran du centre, une gigantesque carte du monde striée de courbes en forme de cloche, représentant les orbites de Mir. Samedi dernier, à 1h00 GMT, le point lumineux figurant la station était à la verticale de la Mer rouge lorsque les deux cosmonautes sont sortis dans l’espace.
Vingt-cinq minutes plus tard, ils commençaient leur travail au-dessus du lac Baïkal, en Sibérie. En 01h30, ils avaient bouclé le tour de la terre.
Face à l’écran, une quarantaine de techniciens, sur quatre rangées, suivent calmement les opérations devant de lourdes consoles où défilent des chiffres. Au fond de la salle, à l’aplomb du balcon, un groupe d’ingénieurs s’agite autour d’une maquette de Mir. (AFP)
Le centre de contrôle des vols spatiaux (TSOUP) de Korolev, près de Moscou, longtemps muré dans le secret, est devenu ces derniers mois une véritable tour de Babel, où des dizaines de journalistes peuvent rendre compte en direct des missions les plus spectaculaires.«Le plus inattendu, lorsqu’on sort dans l’espace, c’est la sensation de chute permanente, provoquée par la vitesse de la station, 26.000 km/h». L’Américain Jerry Linenger, confortablement installé dans l’un des fauteuils réservés aux invités, raconte à une poignée de reporters russes et occidentaux sa propre expérience, lors d’une sortie dans l’espace réalisée à partir de Mir en avril dernier.Autour de lui, les dizaines de personnes conviées à suivre en direct depuis la salle de contrôle du TSOUP la sortie de Michael Foale et Anatoli...