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Actualités - Chronologie

La croissance française se raffermit grâce à l'étranger

La France a enregistré au deuxième trimestre 1997 une progression de 1,0% de son produit intérieur brut, qui apparaît comme le premier signe d’un décollage économique tant espéré pour résorber le chômage, après deux trimestres de croissance molle.
En publiant vendredi ces comptes nationaux, l’Insee relativise cependant cette reprise en observant que le deuxième trimestre a comporté plus de jours ouvrables que le premier (Pâques est bombé cette année en mars). De sorte qu’après correction de cet élément technique, la croissance de l’économie française n’a finalement été que d’environ 0,75% après 0,50%.
Inférieure aux attentes de la dizaine d’économistes interrogés jeudi par Reuter (+1,3%), cette augmentation de la richesse nationale est avant tout venue de l’étranger. Le dynamisme des exportations dont a bénéficié la France était d’ailleurs déjà perceptible à travers ses excédents commerciaux records des derniers mois. A eux seuls, ces derniers ont contribué pour moitié au regain de vigueur de l’économie.
Mais les importations ont aussi vivement progressé, avec un gain trimestriel de 3,4% qui est le plus fort depuis plus de trois ans. Or, cette demande de la France a concerné la totalité des secteurs (à l’exception seulement de l’énergie) et en particulier les biens d’équipement professionnel (+3,6%), ce qui semble indiquer un effort sur ce plan du côté des entreprises.
Le phénomène se retrouve d’ailleurs au niveau de leurs investissements qui, après deux trimestres de recul, sont repartis de l’avant, surtout dans le secteur des transports.
Autre signe encourageant, les entreprises reconstituent leurs stocks, dans des proportions encore limitées mais cependant inconnues depuis un an.
Finalement, le gros point faible du trimestre aura été la consommation des ménages. la lourde chute des immatriculations automobiles en est grandement responsable mais la modification de la période légale des soldes a aussi perturbé les achats de biens de consommation courante, note l’Insee.
«C’est un peu décevant, mais l’essentiel est malgré tout de constater qu’il y a très clairement une nette reprise», déclare Fric Chaney, économiste à Morgan Stanley, qui se dit «très confiant» pour le 3e trimestre. Pour l’ensemble de l’année 1997, il prévoit désormais une croissance économique de 2,2% mais, ajoute-t-il, ce chiffre pourrait être révisé à la hausse.
Pareillement, Eric Muller, économiste à UBS, s’attend à un rebond de la consommation des ménages au second semestre, alors que seront effacées les incertitudes politiques du printemps.
Michael Claus (CS First Roston) se dit lui aussi «un peu surpris par l’atonie de la consommation» que reflète d’ailleurs la stabilité voire la baisse des prix à la consommation. Mais il pense qu’elle repartira dans les mois à venir.

Les embûches

Tel est aussi l’avis de Jean-Louis Mourier, économiste chez Louis Dreyfus Finances, qui fonde notamment ses espoirs sur les aides gouvernementales en faveur des ménages les plus modestes, avec le quadruplement de l’allocation de rentrée scolaire.
Olivier Fluère, du Crédit Lyonnais, le pense tout autant. «Pour le 3e trimestre, dit-il, on s’attend à une même progression du PIB, mais, cette fois - ci, tirée par la consommation. Les ventes dans le grand commerce, grâce aux soldes, ont été bonnes et l’allocation de rentrée scolaire devrait avoir un impact positif», dit-il.
Ainsi, l’embellie de printemps, surtout alimentée par la demande étrangère, devrait se poursuivre dans les mois à venir en s’appuyant alors sur les ressorts de la demande intérieure. Déjà, les investissements semblent sortir de leur longue somnolence.
Reste à débrider la consommation. Le net regain de confiance exprimée auprès de l’Insee par les ménages, depuis la nomination du gouvernement Jospin en juin, pourrait y aider.
En attendant mieux, la France commence à tirer les avantages de la remontée du dollar et de taux d’intérêt exceptionnellement bas.
L’enthousiasme n’est pas encore mis mais cette phase de reprise devrait dégager d’utiles marges de manœuvre pour boucler le budget 1998 que le gouvernement doit présenter au conseil des ministres du 24 septembre.
A la fin août, le ministre de l’Economie, Dominique Strauss-Kahn, chiffrait à 2,9% ou 3,0% sa prévision de croissance pour 1998 après 2,3% attendus pour 1997 (année pour laquelle l’Insee chiffre d’ores et déjà l’acquis à 1,5%).
Le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, a prédit lui aussi vendredi matin pour 1998 une croissance «probablement robuste» et «encore meilleure» que celle de 1997. Mais il est vrai aussi que depuis 1992, selon des statistiques de l’OCDF, la France réalisait des performances intérieures à ses grands partenaires en matière de PIB.
A n’en pas douter, les rentrées fiscales qui devraient découler de cette embellie aideront à limiter les déficits publics aux sacro-saints 3% édictés par le traité de Maastricht.
Reste maintenant à voir dans quel délai ce regain de richesse régénérera l’emploi et endiguera le chômage avant d’inverser sa courbe. Car les bons chiffres de juillet ont surtout mis un coup d’arrêt aux importants dérapages de mai et juin.
C’est avant tout à cette aune que l’opinion publique jugera de l’action du gouvernement, dont le chemin reste semé d’embûches. S’il bénéficie actuellement de certains coups de chance — et décroche aussi certains fruits semés par son prédécesseur —, il n’a cependant pas encore inventé la baguette magique. (Reuter)
La France a enregistré au deuxième trimestre 1997 une progression de 1,0% de son produit intérieur brut, qui apparaît comme le premier signe d’un décollage économique tant espéré pour résorber le chômage, après deux trimestres de croissance molle.En publiant vendredi ces comptes nationaux, l’Insee relativise cependant cette reprise en observant que le deuxième trimestre a comporté plus de jours ouvrables que le premier (Pâques est bombé cette année en mars). De sorte qu’après correction de cet élément technique, la croissance de l’économie française n’a finalement été que d’environ 0,75% après 0,50%.Inférieure aux attentes de la dizaine d’économistes interrogés jeudi par Reuter (+1,3%), cette augmentation de la richesse nationale est avant tout venue de l’étranger. Le dynamisme des exportations...