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Actualités - Chronologie

Iouri Loujkov, superstar

Les festivités prévues ce week-end pour le 850e anniversaire de la ville de Moscou mettent en vedette le très présidentiable maire de la capitale russe Iouri Loujkov, qui a fait de ces festivités le projet-phare de la ville, non sans arrière-pensées politiques.
M. Loujkov, un petit homme rond de 60 ans à la casquette désormais célèbre, a mis toute son énergie dans cet anniversaire, qui doit montrer à quel point Moscou a rompu avec la grisaille de l’époque soviétique pour rentrer avec enthousiasme dans l’ère de la consommation et de la technologie.
Avec son énergie, il s’est forgé dans un pays hyper-bureaucratisé la réputation enviable d’un homme d’action qui fait bouger les choses. Il apparaît aujourd’hui comme le mieux préparé pour succéder au président Boris Eltsine, dont le mandat arrivera à échéance en l’an 2000.
Même si M. Loujkov répète que son poste de maire lui convient parfaitement et qu’il ne rêve pas du Kremlin, toutes ses actions semblent indiquer le contraire.
M. Loujkov sillonne la Russie et se fait volontiers le défenseur des droits des Russes dans les anciennes républiques soviétiques, l’avocat de la veuve et de l’orphelin face aux réformateurs libéraux. Il est indéniablement populaire, comme le prouve sa réélection avec plus de 90% des voix en 1996, voire le lancement réussi de l’eau de toilette dénommée «Maire» dont il a contribué à choisir les essences.
M. Loujkov «est entré en campagne il y a des années», affirme Nikolaï Petrov, analyste politique à la Fondation Carnégie à Moscou.
«Il est maintenant le seul candidat à avoir amassé toutes les ressources nécessaires»: des hommes d’affaires puissants, une image de patriote, et même depuis l’été, une télévision contrôlée par la mairie qui doit bientôt diffuser sur tout le territoire russe.

Capitalisme d’Etat

Mais ses détracteurs accusent M. Loujkov de gérer la capitale dans un style quasi-dictatorial.
«Beaucoup de chantiers sont censés améliorer l’image de Moscou, mais c’est plus du capitalisme d’Etat que des modèles de l’efficacité du marché», selon M. Petrov.
«Loujkov se comporte en grand seigneur féodal. Ses goûts personnels ont prévalu pour de nombreux bâtiments, et il n’hésite pas à se mêler des affaires jusque dans le détail. En terme de démocratie civique, Moscou prend du retard par rapport à d’autres régions», ajoute-t-il.
«La mairie se mêle de choses qui ne la regardent pas, raffiner du pétrole, installer des stations-essence et même fabriquer des voitures», affirme aussi Alexandre Morozov, économiste à la Banque Mondiale à Moscou.
Beaucoup estiment aussi, notamment le nouvel homme fort du gouvernement Boris Nemtsov,que la modernisation incontestable de Moscou doit au moins autant à la concentration d’investissements dont bénéficie l’ancienne capitale soviétique qu’aux efforts personnels de M. Loujkov.
Moscou détient quelque 800% des ressources financières de Russie et est la destination priviligiée — et souvent encore unique — des investissements étrangers, qui paient de lourds impôts.Le prix au mètre carré au centre-ville y est parmi les plus chers du monde.
M. Loujkov s’est aussi accroché à plusieurs reprises avec des favoris du président Boris Eltsine en refusant les réformes qu’ils proposaient, notoirement avec Anatoli Tchoubais, aujourd’hui premier vice-premier ministre. Mais ses relations avec le chef de l’Etat n’en ont apparemment pas souffert. Boris Eltsine s’est toujours montré proche de ceux qui, comme Iouri Loujkov, lui ont été fidèles à des moments déterminants. (AFP)
Les festivités prévues ce week-end pour le 850e anniversaire de la ville de Moscou mettent en vedette le très présidentiable maire de la capitale russe Iouri Loujkov, qui a fait de ces festivités le projet-phare de la ville, non sans arrière-pensées politiques.M. Loujkov, un petit homme rond de 60 ans à la casquette désormais célèbre, a mis toute son énergie dans cet anniversaire, qui doit montrer à quel point Moscou a rompu avec la grisaille de l’époque soviétique pour rentrer avec enthousiasme dans l’ère de la consommation et de la technologie.Avec son énergie, il s’est forgé dans un pays hyper-bureaucratisé la réputation enviable d’un homme d’action qui fait bouger les choses. Il apparaît aujourd’hui comme le mieux préparé pour succéder au président Boris Eltsine, dont le mandat arrivera à...