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Actualités - Chronologie

Paris veut une Europe puissante pour contrer l'hégémonisme américain

La France veut une Europe puissante politiquement, économiquement et militairement, capable de contrer l’hégémonisme des Etats-Unis, mais elle peine à rallier à ses vues ses partenaires européens.
Le message est martelé depuis deux jours par les dirigeants du pays à l’occasion de la conférence annuelle des ambassadeurs de France en poste à l’étranger.
Il témoigne en outre d’une parfaite identité de vue entre la présidence de la République et le gouvernement, alors que la France est entrée dans une nouvelle période de cohabitation politique.
Le président Jacques Chirac a donné le ton mercredi sur l’approche et les ambitions françaises à l’approche de deux étapes importantes: la mise en place d’une monnaie unique et l’élargissement à plusieurs pays d’Europe centrale et orientale.
L’Union européenne doit progressivement s’affirmer comme un pôle de puissance», a-t-il affirmé. «L’Euro y contribuera de façon décisive et je souhaite que l’Europe fasse preuve de la même détermination dans le domaine de la politique étrangère et de la défense», a-t-il ajouté.
La France semble toutefois bien isolée. «Rares sont nos partenaires qui partagent spontanément notre vision d’une Europe-puissance», a ainsi relevé le chef de la diplomatie française, Hubert Vedrine, lors de ses interventions.
«Nous n’accepterons pas qu’elle (l’Union européenne) se dilue dans une simple zone de libre échange», a-t-il toutefois averti.
«Les candidats à l’adhésion conclueraient un marché de dupes s’ils entraient dans une Europe impotente», a-t-il ajouté.
Hubert Védrine a insisté sur une réalité. «Il n’y a aujourd’hui qu’une seule grande puissance: les Etats-Unis (...), mais cette puissance porte en elle-même, lorsqu’elle est sans contrepoids, la tentation unilatéraliste et le risque hégémonique».

Vertu rééquilibrante

«Pour jouer le rôle que nous lui assignons, il faut que l’Union européenne renforce sa cohésion interne et sa crédibilité externe, et donc prioritairement qu’elle réussisse l’Euro», a-t-il commenté. «Ce sera une première forme de relance», a-t-il estimé.
«L’arrivée de l’Euro aura une vertu rééquilibrante dans un jeu mondial dominé par le dollar et je suis convaincu que la mise en place de la monnaie unique aura une puissance fédératrice», a-t-il déclaré.
«L’Europe ne peut se réduire à sa seule dimension monétaire», a-t-il toutefois souligné. «Le premier ministre, Lionel Jospin, s’est engagé à lui donner un contenu social effectif», a-t-il rappelé.
«Le sommet (européen) pour l’emploi en novembre prochain devra montrer par des décisions concrètes, notre détermination commune à tout mettre en œuvre pour lutter contre la principale cause de désaffection à l’égard de la construction européenne: le chômage qui frappe dix-huit millions d’Européens», a pour sa part déclaré le président Chirac.
Paris continue en outre de conditionner l’adhésion de nouveaux membres à une réforme préalable du mode de fonctionnement des institutions actuelles de l’Union, conditions impértatives pour éviter la paralysie et l’implosion budgétaire.
«Il reste à obtenir un accord satisfaisant sur la composition de la Commission européenne et sur la repondération des voix», a précisé le chef de l’Etat. «La France n’acceptera aucune formule qui porterait atteinte à l’efficacité du processus de décision», avait averti Jacques Chirac.
«Aller vers plus de majorité qualifiée suppose plus de volontarisme, de détermination et d’habileté», a toutefois reconnu Hubert Vedrine. (AFP)
La France veut une Europe puissante politiquement, économiquement et militairement, capable de contrer l’hégémonisme des Etats-Unis, mais elle peine à rallier à ses vues ses partenaires européens.Le message est martelé depuis deux jours par les dirigeants du pays à l’occasion de la conférence annuelle des ambassadeurs de France en poste à l’étranger.Il témoigne en outre d’une parfaite identité de vue entre la présidence de la République et le gouvernement, alors que la France est entrée dans une nouvelle période de cohabitation politique.Le président Jacques Chirac a donné le ton mercredi sur l’approche et les ambitions françaises à l’approche de deux étapes importantes: la mise en place d’une monnaie unique et l’élargissement à plusieurs pays d’Europe centrale et orientale.L’Union européenne...