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Actualités - Analyse

Administration : un nouveau sursaut réformateur...

Une habitude au fil des républiques, des régimes et des décennies: les séminaires administratifs ou assimilés que le pouvoir organise pour faire semblant de travailler...
Ainsi, pour «dynamiser l’appareil d’Etat, indique un haririen, et stimuler le processus de développement-reconstruction, le chef du gouvernement a établi un dense agenda de réunions élargies avec les ministres, les directeurs généraux, les cadres principaux des ministères et des offices autonomes. Il a préparé à cet effet une série de directives, générales ou particulières, visant à activer l’administration et à en améliorer le rendement...».
Il y a de quoi faire, serait-on tenté d’observer... Et un parlementaire opposant relève «qu’au moment où le président du Conseil déploie un zèle si louable pour sortir Lazare du tombeau, pour réveiller cette belle au bois dormant qu’est l’administration, on voit le même bloquer avec obstination le pourvoi aux postes-clés de première catégorie vacant depuis les mises à la retraite annuelles de début juillet. Comment M. Rafic Hariri peut-il faire redémarrer des équipages qui ont perdu leurs cochers? Où sont les rouages qui doivent concrétiser ses recommandations? A la retraite?»
Et de souligner ensuite que «M. Hariri va partout clamant qu’il est un homme des institutions, qu’il veut en bâtir l’Etat, alors qu’en pratique il ne fait que les attaquer ou les miner. Oublions ses attaques contre l’armée ou ses vues sur la police, pour nous demander ce qu’il a fait pour promouvoir des organismes aussi nécessaires à l’édification de l’Etat des institutions que le Conseil de la fonction publique et l’Inspection centrale... Rien, M. Hariri n’a rien fait ou plutôt si: il s’est acharné, avec une belle régularité, à leur mettre des bâtons dans les roues. Ainsi le Conseil de la fonction publique, qui est censé réguler les mouvements de personnel et à ce titre proposer au Conseil des ministres des noms pour le pourvoi aux postes vacants, n’a rien pu en faire. Et le gouvernement prend garde à ne pas donner à l’Inspection le feu vert politique qui lui est nécessaire pour contrôler la bonne marche des services administratifs, pour couper court à la gabegie et au gaspillage des deniers publics en sanctionnant les coupables...»
C’est là donc une accusation de négligence d’autant plus... accusée que «le chef de l’Etat, rappelle cette source opposante, a clairement pressé le gouvernement, lors de multiples séances du Conseil des ministres, de se souvenir qu’il a l’impérieux devoir d’activer les organismes de contrôle administratif, la Cour des comptes, le Conseil de la fonction publique, l’Inspection centrale et les diverses autres Inspections dont la judiciaire ainsi que le Conseil de discipline générale. Ces instruments, qui sont le fouet aux mains du cocher, doivent avoir les moyens de mener à bien leurs missions respectives, avait insisté M. Elias Hraoui qui ne semble pas avoir été entendu. Faute d’immunité, faute de couverture politique, faute d’un plan cohérent que le pouvoir leur demanderait d’appliquer, ces organismes ne fonctionnent qu’au ralenti et n’animent aucune réforme véritable aucune épuration de l’administration comme ils pourraient le faire si on leur en donnait l’ordre. Certains affirment que ces départements n’ont pas besoin de décisions du Conseil des ministres pour agir, que les textes en vigueur les y autorisent. En pratique, on l’a vu avec la tentative d’épuration en 93, leurs propres arrêts restent lettre morte quand ils ne sont pas soutenus par le pouvoir politique. De plus, pour s’attaquer à la racine du mal, côté corruption, il leur faut très certainement s’en prendre aux fonctionnaires pourris mais aussi aux corrupteurs qui en général appartiennent à la caste politique. Sans législation adéquate et sans immunité spéciale, ce bastion ne peut pas être attaqué. La théorie c’est une chose et la pratique en est une autre: le pouvoir lui-même l’a reconnu implicitement quand dans l’affaire Toufayli il a donné des ordres pour agir au Parquet qui n’en avait théoriquement pas besoin mais ne pouvait pratiquement s’en passer, le côté politique de l’affaire dépassant sur le fond ses compétences. Il en va donc de même pour les organismes de contrôle administratif dont la mise en branle dépend en pratique d’un feu vert du pouvoir...».
En fait, on se demande, justement à la lumière du sort tout à fait nul qu’ont connu les injonctions de l’Etat concernant l’affaire Toufayli (aucune arrestation à ce jour, aucun bâtiment en infraction démoli et il y en avait 200!), si une quelconque décision du pouvoir en place peut servir à quelque chose.
Sauf quand il s’agit de pressurer le contribuable, et là l’Etat se rattrape largement question efficacité...

Ph. A.-A.
Une habitude au fil des républiques, des régimes et des décennies: les séminaires administratifs ou assimilés que le pouvoir organise pour faire semblant de travailler...Ainsi, pour «dynamiser l’appareil d’Etat, indique un haririen, et stimuler le processus de développement-reconstruction, le chef du gouvernement a établi un dense agenda de réunions élargies avec les ministres, les directeurs généraux, les cadres principaux des ministères et des offices autonomes. Il a préparé à cet effet une série de directives, générales ou particulières, visant à activer l’administration et à en améliorer le rendement...».Il y a de quoi faire, serait-on tenté d’observer... Et un parlementaire opposant relève «qu’au moment où le président du Conseil déploie un zèle si louable pour sortir Lazare du tombeau, pour...