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Actualités - Chronologie

Musique baroque et mécénat américain en Moravie

La musique baroque et le capital privé américain font bon ménage en Moravie du sud où Valtice, ancienne demeure du XVIIIe siècle des princes de Lichtenstein, à proximité de la frontière autrichienne, a tenu le week-end dernier son neuvième festival de musique baroque.

Durant trois jours, le parc et la cour du château ont retenti des accents conjugués et alternés de la musique baroque et du jazz, dans une atmosphère bucolique de pastorales et de madrigaux interprétés sur les pelouses du parc sur lesquelles les festivaliers pouvaient en même temps goûter la cuisine et les vins moraves.
Les pères de ce festival, deux architectes tchèques Radomir Nepras et Daniel Spicka, en ont eu l’idée en 1989, quelques mois avant la révolution de velours, pour rendre vie à une région endormie et désolée par 40 ans d’un régime qui, à deux kilomètres de là, avait déroulé ses barbelés et dressé ses miradors.
Leur choix s’est posé sur l’ensemble, unique en Europe, que forment les châteaux de Valtice et de Lednice, situés à 7 kilomètres l’un de l’autre, et reliés par un immense parc parsemé de «folies» et de statues baroques, et dévastés par 50 ans de fascisme et de communisme.
Cette année, la fête était exceptionnelle, car l’ancien fief des Lichtenstein, dont la superficie est plus grande que l’actuelle principauté, venait d’être inscrit sur la liste des monuments mondiaux protégés par l’UNESCO.
La famille de Lichtenstein, qui a réclamé ses anciennes possessions au gouvernement tchèque, n’a pas pu bénéficier de la loi sur les restitutions, et le château est resté propriété de l’Etat.

Belle au bois dormant

Le World Monument Fund, institution privée basée à New York, travaillant notamment à la sauvegarde des temples d’Angkor au Cambodge, a choisi Valtice comme projet prioritaire de restauration en République tchèque.
«Nous sommes parvenus, grâce au soutien des autorités tchèques, à rendre vie à cette Belle au bois dormant», déclare John Stubbs, vice-président chargé des programmes du Fonds, qui a déjà consacré 500.000 dollars en cinq ans au projet Valtice.
L’Italie, la France, les Pays-Bas et l’Union européenne, auxquelles, pour la première fois cette année, se sont associées de grandes banques tchèques, ont également participé au développement du festival de Valtice.
L’un des points forts du festival a été l’inauguration des grandes orgues de la chapelle, datant de 1726, dont les tuyaux avaient été démontés par les soldats de l’Armée rouge pour en faire des crosses de hockey. Le constructeur d’avion Bœing a mis 25.000 dollars dans la restauration des orgues, comme l’a fait McDonnell-Douglas pour la création d’un circuit de randonnées pédestres dans la région.
Le festival a été marqué cette année par l’interprétation de l’opéra «Dioclétien» de Purcell dans la cour baroque du château par l’ensemble tchèque «Musica Florea» auquel s’était joint l’ensemble français d’instruments à vent «Philidor». A l’issue du concert, un feu d’artifice à l’ancienne a illuminé les allées du parc dans la douceur d’une belle soirée d’août.
Dimanche, la même cour fut le théâtre d’un spectacle alliant la musique de Bach, interprétée par l’ensemble tchèque «Capella regia musicalis», à la sono bruyante et syncopée d’un trio de jazz dirigé par le saxophoniste et flutiste Jiri Stivin, omniprésent au sein de sa formation et, en soliste, au milieu des baroqueux.
«Sans vouloir atteindre la célébrité de Salzbourg ou de Glynbourne, Valtice, festival baroque et bucolique, est un bon outil de promotion de la région, et un excellent tremplin pour les meilleurs interprètes tchèques et slovaques de musique baroque», explique Nina Gardner, la directrice générale du festival qui, depuis trois ans, fait avec succès la chasse aux sponsors.
L’ambassadeur des Etats-Unis, Jenonne Walker, l’un des fans les plus assidus de Valtice, a reçu un hommage particulier pour sa contribution à cette manifestation.
«Valtice est un bel exemple d’une collaboration bien comprise entre les autorités tchèques et l’initiative privée», estime Mme Walker.
Cette petite femme souriante et résolue, aux cheveux gris coiffés en brosse, qui dépense beaucoup d’énergie pour Valtice, a d’autres projets en tête. Notamment celui d’aider au développement d’itinéraires touristiques verts avec l’association tchéco-américaine Greenways, et à l’aménagement de manoirs en paradors, «dans cette belle province tchèque, exceptionnellement riche en châteaux, mais délaissées en raison de la place énorme qu’occupe Prague dans le paysage touristique tchèque». (AFP)
La musique baroque et le capital privé américain font bon ménage en Moravie du sud où Valtice, ancienne demeure du XVIIIe siècle des princes de Lichtenstein, à proximité de la frontière autrichienne, a tenu le week-end dernier son neuvième festival de musique baroque.Durant trois jours, le parc et la cour du château ont retenti des accents conjugués et alternés de la musique baroque et du jazz, dans une atmosphère bucolique de pastorales et de madrigaux interprétés sur les pelouses du parc sur lesquelles les festivaliers pouvaient en même temps goûter la cuisine et les vins moraves.Les pères de ce festival, deux architectes tchèques Radomir Nepras et Daniel Spicka, en ont eu l’idée en 1989, quelques mois avant la révolution de velours, pour rendre vie à une région endormie et désolée par 40 ans d’un régime...