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Actualités - Chronologie

France : le gouvernement table sur une croissance de 2.8%

Le gouvernement de Lionel Jospin table sur une croissance de 2,8% à 2,9% et sur une inflation qui pourrait être inférieure à 1,5% pour établir le projet de budget pour 1998, selon des chiffres fournis par le ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn. A l’issue d’une réunion de l’ensemble des ministres à Matignon, il a déclaré aux journalistes que les prévisions de croissance pour l’année prochaine étaient aujourd’hui connues. «Elles sont dans le domaine public. Elles sont de l’ordre de 2,8 ou de 2,9%, ce qui est un bon résultat».

Interrogé sur l’impact du plan emplois-jeunes sur le budget 1998, il a expliqué que le gouvernement avait réussi à le financer «avec une hausse de la dépense publique qui sera celle de l’inflation», peut-être «un peu moins» que 1,5%.
A Bercy, on précise que les chiffres officiels seront fournis une fois que le projet sera totalement bouclé. La partie recettes doit être arbitrée par Lionel Jospin d’ici le début du mois de septembre, le texte devant être présenté au Parlement à partir d’octobre.
Le budget de la Défense a été mis à contribution pour financer les priorités du gouvernement, notamment les emplois-jeunes pour lesquels 10 milliards de FF ont été débloqués pour l’année 1998 après deux milliards en 1997.
Dominique Strauss-Kahn avait expliqué mercredi que les dépenses d’investissements du ministère de la Défense resteraient supérieures à 80 milliards de FF.
La loi de finances initiale 1997 prévoyait 88,7 milliards de crédits d’équipements mais ce montant a été réduit de 1,8 milliard par l’ancien premier ministre Alain Juppé puis de deux milliards par son successeur Lionel Jospin.
Lors de la réunion ministérielle de jeudi, le chef du gouvernement a toutefois affirmé que dans le budget 1998, «il n’y avait pas de remise en cause des choix stratégiques».
L’élaboration du volet recettes intervient dans un contexte favorable, avec notamment une reprise attendue de la consommation et la hausse du dollar, qui a gagné environ 20% contre le franc français depuis un an. Cette situation peut permettre au gouvernement de parvenir plus facilement que prévu à une limitation des déficits publics à 3,0% en 1998.
Atteindre 3,0%, «ce n’est pas facile mais on y arrivera. Tout le monde disait que c’était difficile et que c’était une des raisons pour lesquelles il y avait eu la dissolution. C’est vrai que ce n’est pas facile mais on le fera», a déclaré à Reuter Dominique Strauss-Kahn jeudi.

Souci de justice
sociale

La bonne tenue du billet vert devrait doper les résultats des entreprises exportatrices et donc l’impôt sur les sociétés (IS), dont le taux vient d’être porté de 36,6% à 41,6% pour les deux années 1997 et 1998.
Selon des économistes interrogés par Reuter, si le dollar se maintient à ce niveau, l’Etat devrait enregistrer au minimum 10 milliards de FF de recettes supplémentaires.
En revanche, l’impact de la croissance est plus difficile à chiffrer pour l’instant même si l’on sait qu’une progression de la consommation favorise les rentrées de TVA.
Dominique Strauss-Kahn a souligné que le volet recettes serait abordé «avec un souci de justice sociale».
Pendant la campagne des législatives puis après leur victoire, les socialistes ont expliqué à plusieurs reprises que leur ambition était de rééquilibrer la fiscalité, jugée trop favorable au capital au détriment du travail.
Certains produits soumis actuellement au taux normal de TVA de 20,6% pourraient passer au taux réduit de 5,5%, ce qui devrait occasionner une diminution des recettes de l’Etat. On ignore pour le moment les modalités d’une telle mesure.
Les recettes pourraient être accrues par diverses autres solutions. Le ministre des Finances a dit, en juillet devant des parlementaires, envisager un «aménagement» de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
La majorité actuelle ne souhaite pas non plus poursuivre le plan de réduction de 75 milliards de FF de l’impôt sur le revenu (IRPP) sur cinq ans, qui doit coûter 15 milliards de FF pour la seule année 1998 après 25 milliards en 1997.
Enfin, le gouvernement a en ligne de mire les «niches fiscales» remettant en cause la progressivité de l’impôt.
Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry, a déjà évoqué une réforme du salariat à domicile, qui permet aux bénéficiaires de déduire de l’IRPP la moitié des revenus versés à une employée de maison dans la limite de 45.000 FF par an. Cette mesure, qui a coûté 4,0 milliards de FF au budget de l’Etat en 1995, favoriserait trop les plus hauts revenus, qui échapperaient ainsi à l’impôt.
Les avantages liés aux contrats d’assurance-vie pourraient aussi être rognés. L’amortissement Périssol sur l’immobilier devrait également être revu. (Reuter)
Le gouvernement de Lionel Jospin table sur une croissance de 2,8% à 2,9% et sur une inflation qui pourrait être inférieure à 1,5% pour établir le projet de budget pour 1998, selon des chiffres fournis par le ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn. A l’issue d’une réunion de l’ensemble des ministres à Matignon, il a déclaré aux journalistes que les prévisions de croissance pour l’année prochaine étaient aujourd’hui connues. «Elles sont dans le domaine public. Elles sont de l’ordre de 2,8 ou de 2,9%, ce qui est un bon résultat».Interrogé sur l’impact du plan emplois-jeunes sur le budget 1998, il a expliqué que le gouvernement avait réussi à le financer «avec une hausse de la dépense publique qui sera celle de l’inflation», peut-être «un peu moins» que 1,5%.A Bercy, on précise que les...