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Actualités - Chronologie

L'armée indonésienne à la rescousse de la télévision

La décision de la Télévision Nationale indonésienne (TVRI) de faire accompagner par des militaires ses employés collectant à Jakarta une redevance télévision mensuelle a déclenché une polémique touchant la légalité de la taxe, l’intérêt des programmes diffusés par la chaîne et le rôle de l’armée.
Pour le ministre de l’Information, M. Hartono, qui, jusqu’à sa nomination en juin dernier était le commandant en chef de l’armée, la présence de la troupe aux côtés des receveurs de TVRI ne pose pas de problème.
«Cette présence n’est pas destinée à intimider les gens mais à les encourager à accomplir leur devoir», a-t-il déclaré, cité par la presse mercredi.
Sans expliciter davantage, le ministre a ajouté que «la présence physique (des soldats) est nécessaire pour assurer une perception efficace, sans risque et sans problème».
Invoquant un décret présidentiel datant de 1990 mais tombé en désuétude, la direction de la chaîne publique a entrepris depuis une semaine de raviver dans la capitale la perception d’une taxe mensuelle frappant tous les propriétaires de poste de télévision.
La mesure a été mal accueillie et, devant le peu de succès rencontré par ses employés qui passent de maison en maison, la direction de la chaîne a entrepris de les faire accompagner par des soldats.
Et ce sont les membres de «l’Agence pour la coordination de la Défense et la protection de la stabilité nationale», l’un des très redoutés organismes en charge de la sécurité intérieure, qui ont été choisis pour accompagner les percepteurs dans leur porte-à-porte.
«Cette approche sécuritaire n’est pas nécessaire. Faire appel à cette agence est disproportionné et pourrait au contraire provoquer de nouveaux problèmes», a déclaré Tini Hada, la présidente de la fondation des consommateurs indonésiens.
Pour M. Muladi, professeur de droit à l’université Diponegoro (Java), «l’emploi de l’armée pour des tâches aussi subalternes ne fait que jeter une lumière négative sur l’Indonésie».
Plusieurs parlementaires ont également sévèrement critiqué la mesure faisant valoir qu’elle «risquait de provoquer la peur parmi la population inquiète de la possibilité d’un recours à des tactiques coercitives».
Pour Mme Hada, la taxe n’était plus collectée depuis 1995 car le décret présidentiel la créant n’a jamais été ratifié par les élus municipaux ou nationaux et que le texte, de plus, ne prévoit pas de sanctions contre ceux qui refusent de la payer.
«Si la redevance avait une base légale, bien sûr, les gens accepteraient de s’en acquitter», a-t-elle affirmé.
Pour Rusdji Hamka, un élu du PPP, le parti islamique minoritaire, «peu de téléspectateurs veulent payer la redevance car ils ne regardent pas TVRI préférant l’une des cinq chaînes commerciales privées».
Un de ses collègues renchérit: La taxe devait servir à améliorer la qualité de TVRI «mais en fait ses programmes sont de plus en plus mauvais».
«S’ils ne constatent aucune amélioration des programmes, note le député, les téléspectateurs, et c’est normal, considèrent que payer la redevance équivaut à jeter l’argent par la fenêtre». (AFP)
La décision de la Télévision Nationale indonésienne (TVRI) de faire accompagner par des militaires ses employés collectant à Jakarta une redevance télévision mensuelle a déclenché une polémique touchant la légalité de la taxe, l’intérêt des programmes diffusés par la chaîne et le rôle de l’armée.Pour le ministre de l’Information, M. Hartono, qui, jusqu’à sa nomination en juin dernier était le commandant en chef de l’armée, la présence de la troupe aux côtés des receveurs de TVRI ne pose pas de problème.«Cette présence n’est pas destinée à intimider les gens mais à les encourager à accomplir leur devoir», a-t-il déclaré, cité par la presse mercredi.Sans expliciter davantage, le ministre a ajouté que «la présence physique (des soldats) est nécessaire pour assurer une perception efficace,...