Le tribunal de Jérusalem a accédé à la demande de la défense qui voulait que l’accusée, Tatiana Susskin, 26 ans, soit examinée par des experts médicaux de son choix, qui devront rendre leur avis dans les quinze jours.
Arrêtée fin juin, l’accusée avait été déclarée apte à répondre de ses actes devant la justice après une première série d’examens psychiatriques. Quatre psychiatres avaient alors jugé qu’elle était «mentalement responsable» de ses actes, tout en relevant qu’elle avait souffert de «troubles mentaux».
L’avocat de l’accusée, Me Schmuel Kasper, a estimé qu’une contre-expertise médicale «prouverait que la jeune femme n’avait pas sa raison» lorsqu’elle a collé les affiches injurieuses, ce qui lui permettrait d’échapper aux poursuites judiciaires.
La Cour suprême d’Israël avait rejeté dimanche un appel de mise en liberté provisoire de la jeune extrémiste, estimant qu’elle constituait «un danger pour l’ordre public» si elle n’était pas sous les verrous.
Mlle Susskin, immigrée il y a six ans de Russie en Israël, fait face à quatre chefs d’accusation: agissements racistes, atteinte aux sentiments religieux, soutien à une organisation terroriste, le mouvement d’inspiration raciste Kach interdit en Israël, et agression contre des conducteurs de véhicules.
Cette étudiante en Beaux-Arts a placardé sur des magasins palestiniens de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, des dessins présentant le prophète Mahomet sous les traits d’un porc, animal impur pour l’islam et le judaïsme.
Depuis son arrestation, elle revendique son acte sans s’émouvoir le moins du monde des condamnations des responsables politiques et du rabbinat en Israël.
Cet acte blasphématoire a provoqué des réactions indignées dans le monde arabe et musulman, que n’ont pas calmées les condamnations officielles d’Israël.
Un tract de revendication du double attentat-suicide du 30 juillet à Jérusalem-Ouest (16 morts, dont les deux kamikazes), signé de la branche militaire du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), a présenté la tuerie comme «un cadeau des soldats de Mahomet en représailles au tract satanique du porc à Hébron». (AFP)

