Une vingtaine de tentes ont été dressées sur une colline de Jérusalem-Est par des familles palestiniennes contraintes à quitter ce secteur de la ville en raison de l’impossibilité d’obtenir des permis de construire des autorités israéliennes.
«Nous resterons sous ces tentes jusqu’à obtenir une réponse positive du gouvernement israélien. C’est un besoin humain et ils (les Israéliens) ne peuvent pas nous le refuser», a déclaré à la presse M. Fayçal Husseini, chargé du dossier de Jérusalem au sein de l’OLP.
«Le gouvernement est tenu soit d’accorder à ces gens des permis de construire, soit de leur construire des logements ou encore de leur donner de l’argent pour qu’ils puissent payer les loyers extrêmement élevés à Jérusalem», a-t-il ajouté.
M. Husseini a indiqué que les Palestiniens avaient besoin de 30.000 nouveaux logements à Jérusalem-Est, compte tenu de la croissance démographique de cette population qui ne bénéficie pas, selon lui, des mêmes facilités accordées depuis l’occupation aux juifs en matière de logement.
Les autorités israéliennes ont lancé ces dernières semaines une campagne de destruction de logements construits sans permis par des Palestiniens à Jérusalem-Est et dans les secteurs de Cisjordanie sous leur contrôle.
«Je veux un logement dans ma ville et je resterai ici jusqu’à trouver une solution», a dit Amjed Abou Nijmeh, 26 ans, un programmateur d’ordinateur, qui s’est installé dans l’une des tentes avec sa femme et ses deux fillettes.
Loyers prohibitifs
et maisons
inaccessibles
M. Abou Nijmeh, détenteur d’une carte d’identité israélienne donnée aux habitants palestiniens de Jérusalem-Est, a indiqué avoir été forcé de quitter son quartier en raison des loyers prohibitifs et de l’impossibilité de construire une maison.
«Je gagne 2.020 shekels (577 dollars) par mois mais personne à Jérusalem n’acceptera de me louer un logement pour moins de 500 dollars par mois et les propriétaires exigent un an de loyer d’avance», explique-t-il.
Israël a accéléré en 1996 le retrait de cartes d’identité des Palestiniens qui résident à Jérusalem-Est et qui quittent ce secteur de la ville en raison des difficultés de logement.
Les retraits de cartes avaient provoqué un retour massif de Palestiniens à Jérusalem-Est, ce qui a entraîné une flambée des loyers.
Plusieurs Palestiniens ont alors été forcés de construire sans permis, ces autorisations étant rarement accordées par les autorités israéliennes.
Israël a construit plus de 70.000 logements pour les juifs à Jérusalem depuis qu’il a annexé le secteur oriental de la ville en 1967, et n’a construit depuis que 555 logements pour les Palestiniens.
Aujourd’hui, quelque 170.000 Israéliens vivent à Jérusalem-Est, surtout dans dix quartiers exclusivement réservés aux juifs, aux côtés de quelque 180.000 Palestiniens.
Le lancement à la mi-mars des travaux d’une onzième colonie juive, dite Har Homa, sur la colline d’Abou Ghneim, avait provoqué la crise du processus de paix, qui perdure actuellement. (AFP)

