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Actualités - Chronologie

Soleil et sécurité : les nouveaux russes s'installent à Miami

«Nouveaux Russes» et nouveaux riches de l’ex-URSS s’installent de plus en plus nombreux dans le sud de la Floride où ils viennent oublier l’hiver et trouver un lieu sûr pour leur famille et leur argent.
«Ici c’est le paradis, surtout l’hiver. Là-bas il y a les meurtres, le racket, l’instabilité financière», explique Feldman, patron de l’agence immobilière ERA ALL Nations à Miami, dont huit des seize employés parlent le russe.
Cette vague d’immigration, qui a pris son essor ces trois dernières années n’est pas la première. Miami a depuis 1947 son église orthodoxe russe.
Venus de Russie, d’Ukraine, d’Ouzbékistan ou d’autres républiques, les derniers arrivants affectionnent North Miami Beach et son quartier de Synny Isles, hérissé de hautes tours et situé sur l’étroite bande de terre qui longe Miami avec, côté océan, sa plage à perte de vue.
Des commerces russes: magasin alimentaire, location de films ou salon de manucure, ont fleuri dans ce quartier que certains appellent déjà le Petit Moscou.
Le visiteur curieux y est accueilli avec une extrême méfiance. Alors qu’elle raconte timidement son arrivée de Russie il y a plus de deux ans, une cliente de la boutique Moscou Video est brusquement réduite au silence par son mari. «Nous sommes venus nous baigner, c’est tout»! aboie le colosse en short, bronzé, l’air opulent.
Outre les vieux réflexes «de l’époque soviétique», il y a dans cette attitude fréquente «une petite crainte de la mafia et la peur que certains découvrent leurs affaires», résume Inna Shapovalova, avocat spécialisée dans l’immigration, dont plus de la moitié de la clientèle vient d’ex-URSS.
Beaucoup partagent leur temps entre Moscou et Miami où ils laissent femme et enfants. «Ils peuvent travailler l’esprit plus tranquille. Vous voyez ce que je veux dire», soupire la patronne de Moscou Vidéo Frida Nossikobskava, dans une allusion aux craintes d’enlèvements et de meurtres.

Missiles à vendre

Ces dernières années, plus de mille ressortissants des pays de l’ex-URSS en moyenne par an, ont obtenu en Floride le statut de résident permanent aux Etats-Unis.
Les nouveaux arrivants, dont certains ont acheté comptant des propriétés, suscitent la méfiance à Miami, où journaux et télévisions évoquent de temps à autre la présence d’une «mafia russe», tandis que les autorités fédérales en font état à travers le pays.
«Nous pensons que le crime organisé russe est présent maintenant», dans la région, déclare Ann Figueiras, porte-parole du FBI à Miami, sans vouloir donner plus de précisions.
«Nous n’avons enregistré aucun incident impliquant des «Russes» ces dernières années», indique toutefois Angel Calzadilla, de la police de Miami. Même écho à l’agence fédérale ATF (alcool, tabac, armes à feu) et au département du maintien de l’ordre de Floride.
Les douaniers de Miami ne sont pas de cet avis: fin juin, leur agents ont arrêté deux Lituaniens qui tentaient de vendre des missiles Igla et Strela.
Des banques refusent systématiquement des prêts aux ex-soviétiques et ceux-ci ont de plus en plus de mal à obtenir un visa, affirme Isaac Feldman.
Pour lui, cette suspicion est due à la «mentalité différente des Russes, qui aiment dépenser et prendre des risques» et choquent des Américains qui ont économisé pendant des années en fonds de retraite.
Mais ses clients «ont appris» et ils commencent à faire usage de financements à long terme, plutôt que de payer cash comme à Moscou. «Là-bas, une banque qui est là un jour peut avoir disparu le lendemain», sourit M. Feldman, originaire de Moldavie, qui s’exprime en russe.
D’autres, intellectuels ou ingénieurs, devenus chauffeurs de taxi ou cuisiniers à Miami, n’ont pas ces soucis. Raïssa, ancien professeur de russe et d’espagnol à l’université d’Odessa (Ukraine), puis à Cuba, est serveuse au restaurant-cabaret russe La Luna. Après deux mois de séjour, elle ne sait pas si elle va rester. «Les erreurs de la vie, de la politique, et me voilà ici», lance-t-elle. (AFP)
«Nouveaux Russes» et nouveaux riches de l’ex-URSS s’installent de plus en plus nombreux dans le sud de la Floride où ils viennent oublier l’hiver et trouver un lieu sûr pour leur famille et leur argent.«Ici c’est le paradis, surtout l’hiver. Là-bas il y a les meurtres, le racket, l’instabilité financière», explique Feldman, patron de l’agence immobilière ERA ALL Nations à Miami, dont huit des seize employés parlent le russe.Cette vague d’immigration, qui a pris son essor ces trois dernières années n’est pas la première. Miami a depuis 1947 son église orthodoxe russe.Venus de Russie, d’Ukraine, d’Ouzbékistan ou d’autres républiques, les derniers arrivants affectionnent North Miami Beach et son quartier de Synny Isles, hérissé de hautes tours et situé sur l’étroite bande de terre qui longe...