En tout cas le représentant en charge du rating pays à l’EXIMBANK, Export Import Bank, M. Robert Lehrman, a effectué une visite au Liban il y a un mois à l’effet d’examiner s’il y a lieu de réévaluer le risque Liban.
Premier pas vers
la normalisation
On a beaucoup «disserté», ces deux dernières semaines, sur la portée économique de la levée de l’embargo. Mais sans doute qu’il faut distinguer à ce propos entre la position du secteur privé américain et celle des autorités politiques outre-Atlantique.
Pour ces dernières il s’agit, en effet, selon une source autorisée, de donner «une bouffée d’oxygène au gouvernement de M. Rafic Hariri». Cela, à l’effet de sauvegarder le statu quo politico-économique sur la scène locale, d’autant plus que le processus de paix risque de ne connaître un premier dégel que dans trois à quatre ans.
Les milieux patronaux libanais proches des Américains considèrent qu’il s’agit là d’un premier grand pas vers la normalisation des relations bilatérales. Mais cela demeure le «premier pas d’un long processus», estime M. Sélim Zeenni, président de la LABA, Lebanese American Business Association, qui est à l’origine de la reprise en 1994 des activités de l’OPIC, Overseas Private Investment Corporation, et de l’EXIMBANK en faveur du Liban. Il faut à présent s’attendre à ce que les hommes d’affaires américains viennent prospecter le marché libanais. Mais ils ne viendront pas par milliers. D’ailleurs, on peut s’attendre à plus de visiteurs mais pas à plus de compagnies.
Promouvoir le Liban
comme centre régional
des affaires
A ce propos, M. Zeenni relève qu’il ne faut pas oublier (ni sous-estimer) les avertissements qui accompagnent la levée de l’embargo. Les deux secteurs public et privé libanais doivent donc à présent redoubler d’efforts pour promouvoir le Liban et la place de Beyrouth comme centre régional des affaires. La LABA a d’ailleurs entrepris de programmer une série de visites au Liban de délégations d’hommes d’affaires américains assez représentatives. L’action de marketing de la LABA s’articule sur trois volets: encourager les Américains à participer aux projets de reconstruction, à investir au Liban, à ouvrir (ou rouvrir le cas échéant) à Beyrouth les bureaux régionaux des grandes sociétés et banques américaines.
Par ailleurs, il est évident que la LABA multipliera les visites aux Etats-Unis. Des visites commencées depuis plusieurs années déjà et qui ont toujours visé à convaincre les Américains, institutions politiques et organismes économiques, de lever l’embargo ou sinon de passer outre pour approfondir et développer les relations tant politiques qu’économiques et commerciales entre les deux pays. La prochaine tournée de la LABA aux Etats-Unis est prévue pour octobre. «Nous continuerons à faire du lobbying», explique M. Zeenni poursuivant»: «Les compagnies américaines ne vont jamais à l’étranger sans demander l’avis de leur State Department. Or les avertissements américains qui concernent le Liban sont particulièrement rigoureux». Et M. Zeenni de saluer dans ce sens tout le «push» exprimé en faveur du Liban par l’ambassadeur américain M. Richard Jones, secondé par l’effectif économique de l’ambassade.
Premier fournisseur du
Liban l’an prochain?
Il est à noter que les Etats-Unis sont actuellement le deuxième fournisseur commercial du Liban après l’Italie (principalement des voitures, véhicules de transport, cigarettes...). En 1996 et selon les chiffres du commerce américain, les exportations vers le Liban ont atteint les 824 millions de dollars contre 31 millions d’importations. (VOIR TABLEAU PAR AILLEURS). Il est probable que les Etats-Unis passeront l’année prochaine au rang de premier fournisseur.
Mais sans doute que le premier objectif du Liban, surtout à ce stade, est de pouvoir repositionner la place de Beyrouth comme centre régional aux yeux des Américains. Autrement dit et une fois de plus, c’est une stratégie promotionnelle qu’il faut élaborer et mettre en application. Cela, sans oublier que pour les «patrons» outre-Atlantique, les visites économiques sont programmables un an d’avance. Dans ce sens, la LABA entreprend d’agir à différents niveaux. Ainsi, après avoir pris contact avec les entreprises, elle projette d’agir en direction des associations sectorielles et professionnelles. «Le tout, souligne à ce propos M. Zeenni, est de pouvoir épauler et aider les entreprises américaines à venir s’établir dans le pays. Il est important au regard de la mentalité des patrons américains d’avoir en face d’eux un interlocuteur de poids. Or, il manque au Liban des entreprises spécialisées dans les services offerts aux compagnies internationales».
Par ailleurs, il est temps également que les exportateurs libanais vers les Etats-Unis fassent l’effort de mieux s’informer des réglementations favorables à l’exportation et des exemptions douanières dans ce sens, à l’instar du GPS, Global Preferential System.
Nayla ABI KARAM


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine