Cinquante ans après, le Cachemire reste une énorme épine dans le pied du géant indien et le principal facteur de déstabilisation régionale.
En 1947, l’empire britannique laissait deux Etats indépendants, mais rivaux. «La grande partition», musulmans au Pakistan, hindous en Inde, exode de plus de 10 millions de personnes et massacre d’un million d’entre eux, faisait passer la frontière au milieu du Cachemire. Trois guerres ont depuis opposé les deux pays.
Tout au nord-ouest de la chaîne himalayenne, le Cachemire — ses vallées verdoyantes, ses forêts, ses lacs et ses fleurs — a longtemps été un paradis touristique. Depuis 1989, une guérilla musulmane contre les forces indiennes y a fait plus de 20.000 morts. Quatre Occidentaux y sont otages, s’ils sont encore vivants. Les touristes ont déserté l’endroit.
Pour le Pakistan, qui a un tiers de la région, baptisé «Cachemire libre», le problème est simple: plus de trois-quarts de l’Etat indien du Cachemire sont musulmans et le territoire devrait donc être le sien. L’Inde, qui a opté pour une constitution séculaire, refuse de négocier sur une base religieuse.
Le Cachemire figure depuis longtemps sur la liste de l’ONU des conflits les plus insolubles de la planète. Le problème est tel qu’Islamabad vient de crier victoire pour avoir simplement réussi à ce que la question soit mise à l’ordre du jour des discussions avec New Delhi.
Pour beaucoup d’habitants du Cachemire cependant, il n’y a qu’un ordre du jour: l’indépendance, vis-à-vis des deux voisins.
«Nous ne ferons aucun compromis avec l’Inde ou le Pakistan. Ils n’ont pas le droit de décider de l’avenir de Cachemiris qui veulent vivre dans un pays indépendant», affirme Abdul Gani Lone, un dirigeant de la Conférence de la liberté qui rassemble plusieurs groupes séparatistes.
Un référendum sous l’égide de l’ONU pour déterminer l’avenir du territoire avait bien été prévu, mais est depuis longtemps oublié.
Ce 15 août n’échappera pas à la tradition. Chaque année, depuis 1990, le jour de l’indépendance indienne a été marqué par la violence. En trois occasions des séparatistes ont jeté des grenades sur des cortèges officiels. (AFP)

