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Actualités - Chronologie

Tsiftételi à l'heure de l'Hellinadika


Adieu rock, rap ou techno: à l’issue d’une véritable révolution nationale du night-clubbing, c’est désormais la musique grecque qui fait bouger les nuits d’Athènes, de Salonique ou de Mykonos.
«Le phénomène a commencé il y a cinq ans, quand les disc jockeys ds boîtes à la mode ont commencé à Programmer régulièrement dix minutes de variété locale», explique Nikos Tsalakos, rédacteur en chef d’«Athinorama», le premier guide grec de la nuit. «Le public était enthousiaste, les dix minutes se sont allongées et maintenant, c’est la musique grecque qui règne en maîtresse».
Baptisés «hellinadika», surnom d’abord péjoratif devenu depuis un argument publicitaire, les bars et discos voués à la musique grecque ont envahi tout le pays, pour devenir cet été le «must» de la nuit. Mêmes les grands clubs de rock d’Athènes ont dû composer en ouvrant des salles exclusivement grecques.
Au Kinito sur la grande avenue de bord de mer d’Athènes, ou au Vareladiko, haut lieu branché du port du Mykonos, des milliers de jeunes se pressent bien après minuit pour écouter à plein décibels une musique mêlant les succès du grand compositeur Mikis Théodorakis aux dernières rengaines «gréco-pop» des vedettes du moment, Anna Vissi, kaity Garbi ou Notis Sfakianakis.
En mini-jupe est mini-bustier psychédéliques, les filles dansent le «tsiftetéli» (danse du ventre) sur les tables ou entraînent les garçons, téléphone mobile à la ceinture et anneau à l’oreille, dans des «syrtos» (ronde traditionnelle) endiablés.
Dans la salle, les refrains sont repris en chœur, l’atmosphère, survoltée, est à mi-chemin entre la rave-party et la fête folklorique de village. «C’est tout le sens grec de la fête qui peu s’exprimer», estime Haris Kalogéropoulos, chroniqueur connu des nuits grecques.

A contre-courant

La clef du succès de la nouvelle mode est, selon lui, qu’elle a «libéré et déculpabilisé» les Grecs en leur permettant de concilier leur amour du clubbing, importé d’Occident dans les années 70, et leur façon traditionnelle de s’amuser, «qui avait été un peu trop vite classée comme ringarde».
S’il était tenu à l’écart des boîtes de nuit, le répertoire grec n’a jamais cessé d’être en tête des ventes en Grèce: 56% de parts du marché en 1995, soit un record européen devant même la Grande-Bretagne avec 51%, près de 65% actuellement dans le sillage des héllinadikas, selon Sony-Music Grèce.
Mais le repli identitiaire qui a saisi le pays au début des années 90, dans le sillage des bouleversements balkaniques, «a aussi joué un rôle», juge Efi Bourou, parmi les pionnière du mouvement aux consoles du Radio, premier premier bar athénien à s’être lancé il y a trois ans dans le 100% grec.
«Il y a eu un moment où nous avons eu envie de nous amuser et de nous défouler de manière purement grecque. Cela nous touche davantage, nous permet de mieux exprimer nos émotions», affirme-t-elle, tout en reconnaissant qu’en l’occurrence, la jeunesse locale «est un peu à contre-courant» du reste de l’Europe.
Le phénomène a aussi gagné les ondes, avec l’apparition et le succès fulgurant de plusieurs stations privées de radio ne diffusant que du répertoire national, qui occupent désormais les premières places de l’audimat. Le tout sans que les autorités grecques aient jamais imposé le moindre quota national de diffusion, comme la France a jugé bon de faire.
Adieu rock, rap ou techno: à l’issue d’une véritable révolution nationale du night-clubbing, c’est désormais la musique grecque qui fait bouger les nuits d’Athènes, de Salonique ou de Mykonos.«Le phénomène a commencé il y a cinq ans, quand les disc jockeys ds boîtes à la mode ont commencé à Programmer régulièrement dix minutes de variété locale», explique Nikos Tsalakos, rédacteur en chef d’«Athinorama», le premier guide grec de la nuit. «Le public était enthousiaste, les dix minutes se sont allongées et maintenant, c’est la musique grecque qui règne en maîtresse».Baptisés «hellinadika», surnom d’abord péjoratif devenu depuis un argument publicitaire, les bars et discos voués à la musique grecque ont envahi tout le pays, pour devenir cet été le «must» de la nuit. Mêmes les grands clubs...